Retour de Kabila aux affaires en 2023 : "Jeune et plus expérimenté, comment envoyer une telle personne à la retraite ?", (le PPRD Patrick Nkanga)

Publié lun 21/09/2020 - 18:30
7sur7

L’ex-président Joseph Kabila peut-il ou pas revenir au pouvoir en participation aux élections générales de 2023 ? 

Pour le porte-parole du bureau politique du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD), le premier sénateur à vie de la RDC, étant jeune et aussi le plus exprimé de la classe politique, il n'y a aucun moyen de l'envoyer à la retraite en ce moment.
Dans un entretien à 7SUR7.CD ce lundi 21 septembre 2020, Patrick Nkanga Bekonda (PNB) a indiqué que 2023 est encore loin et être candidat est un choix personnel, a-t-il nuancé. 
Le porte-parole du bureau politique du PPRD est, par ailleurs, revenu sur tous les sujets qui alimentent les débats politiques en RDC. Il s'agit notamment des missions de contrôle diligentées par l'Inspection Générale des Finances (IGF), les réformes électorales, les divergences au sein de la coalition au pouvoir ; FCC-CACH, etc. 

(Ci-dessus l’intégralité de l’interview)

7SUR7.CD : Quid des contrôles de l’IGF (Inspection Générale des Finances) notamment sur les exonérations ? Justifiées ou pas ?

PNB: Il nous faut avant toute chose, « dédiaboliser » le mot « exonération » qui fait pleinement partie de notre législation fiscale. Ce n’est donc pas d’emblée une illégalité. L’IGF en tant que service d’audit supérieur du gouvernement, peut procéder à des vérifications ou des contre-vérifications pour permettre au gouvernement d’avoir un tableau plus fouillé de toutes les exonérations accordées par l’État. Sont-elles justifiées ? Entrent-elles toutes dans dans un cadre stratégique de partenariat avec l’État ? Tant que l’IGF est dans son rôle tel que circonscrit dans l’ordonnance n°87-323 du 15 septembre 1987, il ne peut qu’être encouragé par tous les citoyens. Le danger, c’est de travailler dans un climat qui ne favorise pas la sérénité dans les audits requis et dans une hyper-médiatisation, au travers des annonces qui soufrent parfois de superficialité. 

7SUR7.CD : À quand une coalition gouvernementale apaisée ?

PNB: Ça fait juste un peu plus d’un an que la coalition gouvernementale est à l’œuvre. Il y a eu, jusque là, plus de peur que de mal. Mais, nos concitoyens attendent de nous beaucoup plus de sérénité et sacrifices dans la recherche des solutions à leurs problèmes quotidiens et de moins faire état de nos contradictions ou divergences internes qui ne constituent pas un enjeu capital face aux préoccupations de nos concitoyens. Il sied tout simplement que chaque institution joue son rôle constitutionnel, c’est l’un des éléments clés pour la stabilité pérenne des institutions et par ricochet de la coalition au pouvoir. Dans le même ordre d’idées, la rencontre entre le chef de l’État Felix Tshisekedi  et son prédécesseur, le président Joseph Kabila entrent inéluctablement dans une logique d’accalmie institutionnelle.

7SUR7.CD : Quid des sujets qui fâchent ? Dossiers Malonda, prestation de serment des juges constitutionnels ?

PNB: À mon humble avis, sur ces questions, là où les vues sont inconciliables, ne faudrait-il pas questionner la constitution et nos lois ?

7SUR7.CD : Quid du retour annoncé en 2023 de l’ex président Kabila ?

PNB : Le président Kabila est un homme politique. La complexité de son personnage consiste notamment en ce qu’il soit le plus expérimenté de la classe politique actuel et en même temps parmi les plus jeunes. Comment envoyer une telle personne à la retraite ? Je ne me l’explique pas. Maintenant s’agissant du rôle politique, à ce que je sache, il est le président national de mon parti, il est le chef du FCC (Front Commun pour le Congo, ndlr). Il exerce présentement ses deux rôles avec leadership et clairvoyance. Et récemment, il a endossé sa casquette « honorifique » de sénateur.  2023, c’est trop loin, ne soyons pas hâtifs, être candidat, c’est avant-tout, un choix personnel, c’est la rencontre entre un homme et ses concitoyens. Le camarade président national est préoccupé par les questions actuelles qui occupent la vie nationale.

7SUR7.CD : Êtes vous favorable aux réformes électorales notamment celles du G13, que votre famille politique a refusé de recevoir ?

PNB: Ils ont été reçus par le premier ministre, qui est l’illustration et l’émanation parfaite de la majorité parlementaire. Les réformes électorales sont abordées dans divers sens et par divers acteurs. Nous ne sommes pas réfractaires aux réformes, notre pays en a fortement besoin et ce, dans les secteurs social, économique, de l’éducation nationale, de l'énergie, de l'emploi, etc. Mais notre conviction est aussi que le problème électoral dans notre pays a une telle prééminence sur les autres questions de société tout autant essentielles, que nous nous perdons parfois en conjecture. Le débat est ouvert mais l’élément clé pour avoir des élections apaisées, c’est le climat de confiance qui doit régner entre les acteurs de la classe politique, de la société civile ainsi que la population. Si ce climat n’est pas de mise, nous irons des réformes en réformes et ça ne changera rien. Voilà pourquoi, nous insistons sur le « Pacte républicain ». C’est cela, à notre humble avis le début de la solution. 

7SUR7.CD : Favorable au changement du mode de scrutin lors de la présidentielle ? Vote indirect par le Parlement comme le suggère Ngoyi Kasanji ?

PNB: Vous aviez évoqué ci-haut les réformes électorales proposées par le G13 et bien d’autres d’ailleurs.  La proposition de l’honorable Kasanji entre dans cette euphorie des propositions électorales, liberté d’expression oblige. Il a émis son point de vue. Je suis favorable à des élections qui nous coûterons moins chers, qui seront plurielles, démocratiques comme les précédentes et qui favoriseront une rationalisation de l’échiquier politique. Par exemple, avoir 5 partis ou regroupements au Parlement.