Ituri : Des émissaires du chef de l'État notent l'auto-exclusion d'une faction de la milice CODECO du processus de paix

Publié ven 16/10/2020 - 20:02
Photo 7SUR7.CD

Des leaders d'anciens groupes armés envoyés en Ituri par le chef de l'État Congolais pour une mission de pacification notent "l'auto-exclusion" d'une faction de la milice CODECO (Coopérative pour le Développement du Congo), basée dans le groupement Ezekere, secteur des Walendu-Tatsi en territoire de Djugu.

Au cours d'une conférence de presse tenue ce vendredi 16 octobre 2020, ces émissaires du président Félix Tshisekedi ont indiqué que cette auto-exclusion de la milice dénommée Armée de Libération du Congo (ALC) fait suite au non respect des engagements pris par ces miliciens.

"Le constat il est flagrant, ça découle des faits, des faits que nous avons accumulés, des faits relatifs aux violations de l'acte d'engagement unilatéral. Et nous avons juste constaté qu'ils ne respectent pas les engagements qu'ils ont pris eux-mêmes. Nous ne les avons pas exclus. Vous vous rappelerez certainement de l'entrée de ces miliciens le 04 septembre dernier en ville de Bunia, vous vous rappelerez aussi des attaques contre les forces armées, des vols massifs des bétails, des routes qui sont coupées, vous vous rappelerez de beaucoup de choses. On a évalué plus de 40 violations. Nous en tant que délégation, nous avons trouvé que l'acte d'engagement souffrait dans son exécution, alors nous avons juste constaté en fonction de ça, c'est ce que nous appelons l'auto-exclusion", a expliqué Pitchou Iribi, communicateur de ladite délégation.

Toute fois, ces négociateurs avec les groupes armés essentiellement actifs en territoire de Djugu, promettent de poursuivre des pourparlers avec cette faction qui s'est auto-exclue afin de la faire revenir à la raison.

Cette auto-exclusion n'est pas synonyme d'un échec du processus de paix, mais plutôt une auto-critique qui permet "d'évaluer la situation et de se projeter dans l'avenir", ont-ils ajouté.

C'est en date du 15 juillet 2020, que cette faction de la milice CODECO dénommée Armée de Libération du Congo ALC avait signé un acte d'engagement unilatéral de cessation des hostilités, dans son bastion situé à une dizaine de kilomètres à l'Est de la ville de Bunia, en territoire de Djugu.

En dépit de la signature de cet acte d'engagement, ils ont commis plusieurs exactions sur la population civile et perpétré des attaques contre les militaires de l'armée congolaise.

Pendant ce temps, un site de pré-cantonnement des miliciens CODECO a déjà été identifié en territoire de Djugu, dans le secteur des Walendu-Djatsi.

Ce pré-cantonnement pourrait débuter au mois de novembre prochain, souligne ces émissaires du chef de l'État Congolais.

Il sied de noter qu'en dehors de la milice ALC/CODECO qui s'est auto-exclue du processus de paix, 4 autres milices actives en territoire de Djugu ont déjà accepté d'arrêter de commettre des exactions en signant chacune, un acte d'engagement unilatéral de cessation des hostilités, à l'issue des pourparlers avec ces négociateurs venus de Kinshasa.

Il s'agit de l'URDPC/CODECO (Union des Révolutionnaires pour la Défense du Peuple Congolais), de l'ARDPC/CODECO (Armée des Révolutionnaires pour la Défense du Peuple Congolais), du FDBC (Force de Défense contre la Balkanisation du Congo) et des assaillants de Gutsi.

Séraphin Banangana, à Bunia