Nord-Kivu : Les activités reprennent progressivement à Butembo après 10 journées ville morte

Photo 7SUR7.CD

La ville de Butembo (Nord-Kivu) retrouve progressivement son rythme après 10 journées ville morte décrétées depuis le 5 avril dernier par des organisations et associations citoyennes du Grand Nord-Kivu, qui décrient la situation sécuritaire dans la zone.

Ce jeudi 15 avril 2021, sur appel de mêmes organisations, bien qu'encore pas très nombreux comme à l'accoutumée, les tenanciers des maisons de commerce, des pharmacies ou encore d'autres opérateurs économiques ont rouvert leurs portes. Les conducteurs des mototaxis ont également repris leur travail habituel.

Selon le même constat réalisé par 7SUR7.CD, certains curieux attroupés ça et là observent encore la situation en cette première journée de reprise des activités dans la ville. Mais, les écoles n'ont toujours pas répondu au rendez-vous.

"Nous étions prêts à faire même un mois pourvu que cette MONUSCO parte. On dit qu'elle est venue nous aider à restaurer la paix mais on apprend que c'est encore elle qui ravitaille les ADF. Je viens de passer plus d'une semaine sans être ici mais je ne suis pas mort et mes enfants aussi. Alors, nous sommes prêts à tout pour que cette MONUSCO quitte le Congo", a laissé entendre un détaillant de carburant interrogé à son lieu de service.

Et à un conducteur de moto d'ajouter : "C'est inutile de lever la grève alors que la MONUSCO est encore là. C'est comme si nous avions seulement perdu notre temps".

Il sied de noter que c'est après leur échange avec monsieur Kassim Diagne, no 2 de la mission onusienne en RDC le mardi 13 avril dernier, que les organisateurs de ces manifestations anti-MONUSCO ont décidé de suspendre les journées villes mortes bien qu'en maintenant la pression pour le retour de la paix au Nord-Kivu et dans l'Ituri.

Devant le représentant spécial adjoint du secrétaire général de l'ONU en RDC, les protestataires disent avoir "démontré l'inaction des casques bleus sur le terrain, frisant leur complicité dans la pérennisation des massacres à Beni. Ils ont également réitéré leur demande de voir la MONUSCO quitter définitivement et sans délai l'Est du pays."

Isaac Kisatiro, à Butembo