Condamnation de Carine Lokeso et consorts : "Nous pouvons faire le deuil parce que les meurtriers de Rossy Mukendi sont connus", (Famille)

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Plus de 3 ans après la mort par balle de l'activiste pro-démocratie Rossy Mukendi alors qu'il participait à une marche du CLC à Lemba (Kinshasa) contre un présumé 3ème mandat de l'ex-président Joseph Kabila, la Cour militaire de Kinshasa-Matete a condamné deux policiers à la prison à perpétuité entre autre la  commissaire supérieure Carine Lokeso. 

Pour sa famille, ce jugement permet de faire le deuil de leur fils d'autant plus que ses bourreaux sont connus. 

"C'est une joie immense parce que nous avons patienté depuis 2018. La famille faisait le deuil sans pourtant connaître les vrais meurtriers de leur fils. Aujourd'hui, nous ne pouvons qu'être dans la joie parce qu'enfin et au-delà des gymnastiques que nous avons connues au régime passé, la famille, les Congolais ainsi que le monde entier peuvent faire le deuil parce que les meurtriers de Rossy Mukendi sont connus et identifiés conformément à la loi", a déclaré Arsène Yannick Tshimanga, petit frère de R. Mukendi, à la presse le lundi 10 janvier dernier. 

S'exprimant sur fonds des dommages et intérêts retenus par la Cour en faveur des parties civiles, il a estimé que ces frais sont modiques et ne pourront même pas contribuer à l'instruction des enfants de R. Mukendi. 

"Nous ne pouvons pas être satisfaits dès lors que le préjudice subi par la famille ne pouvait pas être quantifié d'une manière ou d'une autre. Comprenez quand même que les enfants de Rossy ont une longue vie. Ces montants ne permettront même pas aux enfants de Rossy Mukendi d'être élevés dans les conditions que lui-même voulait. Retenir 25.000 dollars pour les enfants, c'est insignifiant pour leur instruction. D'ici le vendredi de cette semaine, nous allons devoir donner une procuration à nos avocats pour interjecter appel contre cette action civile prononcée dans cet arrêt", a fait remarquer A. Tshimanga. 

Dans son arrêt rendu le lundi dernier, la Cour a condamné C. Lokeso à la prison à vie (servitude pénale à perpétuité) assortie de 10 ans de sûreté incompressible pour meurtre et violation des consignes. Celle-ci a été destituée de la police. 

Cette juridiction a aussi retenu l'infraction de meurtre contre le brigadier en chef, Gérard Tokis Nkumbo. Elle lui a infligé la même sanction. 

En cavale, l'APJ Franco Bivuala (garde de corps de C. Lokeso) a écopé par défaut de 10 ans de prison pour violation des consignes. 

Merveil Molo