RDC : Le Groupe de Travail Climat accuse Greenpeace de ternir l'image du pays afin que les communautés locales demeurent pauvres

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Au cours d’une conférence de presse tenue, le samedi 12 novembre 2022, à Kinshasa, le Groupe de Travail Climat REDD Rénové (GTCRR) a réagi au récent rapport de Greenpeace Afrique qui accuse la vice-première ministre de l’Environnement et développement durable, Ève Bazaïba, d’être impliquée dans une affaire d’« accaparement des terres dans la province de la Tshopo ».

Pour ce réseau qui représente les intérêts des communautés locales et peuples autochtones dans les négociations sur le processus REDD+, le rapport de Greenpeace ne vise qu’à discréditer la RDC à l’heure où l’attention du monde entier est tournée vers la COP27 (27ème Conférence des parties à la convention-cadre des Nations-Unies sur le climat). 

« Le rapport de Greenpeace publié en ce moment précis où le regard de tous les acteurs nationaux sont tournés vers les attentes de la COP27, ne vise rien d'autre que ternir l'image d'un pays souverain en qualité de pays-solution dont le leadership au plus haut niveau est fortement engagé dans un processus d'assainissement du secteur forestier et de la lutte contre le réchauffement climatique », a laissé entendre Djuma Shango, expert au sein du GTCRR.

Ce réseau estime que l’objectif de Greenpeace Afrique et d’autres partenaires est de « spéculer » afin que les communautés locales congolaises demeurent dans la pauvreté.

« La volonté de Greenpeace et certains partenaires est de voir les communautés restées dans un état de pauvreté accrue en leur interdisant de bénéficier même des fruits de leurs efforts de conservation (…) et de tirer à boulets rouges sans proposer des alternatives pour ces communautés », a poursuivi Djuma Shango.

Et d’ajouter : « Greenpeace n’est pas à son premier forfait. Nous, en tant qu’acteurs de la société civile et experts en monitoring, nous avons considéré que ce sont des conditionnels qui ne sont pas probants. Nous sommes contre cette démarche qui est tellement sensationnelle ».

Pour sa part, JR Bowela, chargé de projet au sein du GTRCC, a indiqué que leur sortie médiatique n’a pas pour but de défendre le gouvernement mais plutôt de chercher un cadre de concertation entre toutes les parties intervenant dans le secteur environnemental.

« Le gouvernement n’est pas notre ami ou ennemi. Nous ne parlons pas pour le gouvernement, surtout qu’il n’est pas notre ami. Nous faisons plutôt notre travail. Quant à Greenpeace, il fait d’ailleurs partie de nos partenaires. Le problème c’est de faire en sorte qu’on puisse continuer de travailler en concertation », s’est-il justifié.

Dans le rapport publié le 7 novembre, dont l’intitulé est « Ève Bazaïba et l’accaparement des terres : l’affaire Tradelink saison 2 », Greenpeace accuse la vice-première ministre d’avoir mandaté une équipe de son ministère pour aller « arracher » le consentement libre informé et préalable (CLIP) des communautés du territoire de Basako pour qu’une concession de conservation y soit attribuée à la société américaine Wildlife Works, connue en RDC sous le nom de ERA-Congo.

Bienfait Luganywa