La Commission nationale des droits de l'homme (CNDH), à travers sa sous-commission permanente des droits de la femme et de l'enfant, a publié un rapport sur « les violations massives et systémiques des droits des enfants, commises au Nord-Kivu, au Sud-Kivu et en Ituri de janvier à juin 2025 ».
Ce rapport, publié en date du 31 décembre 2025, à Kinshasa, pointe du doigt l'armée rwandaise et la rébellion du M23-AFC comme responsables des milliers de cas de viol d'enfants dans ces trois provinces, selon Me Gisèle Kapinga, commissaire nationale chargée des droits de la femme et de l'enfant au sein de cette institution d'appui à la démocratie.
« Les résultats du rapport réalisé par la CNDH sont très inquiétants. On a documenté plus de milliers de cas de viol d'enfants au Nord-Kivu, au Sud-Kivu et en Ituri, des centaines de cas de meurtres et de mutilations d'enfants recueillis non seulement dans les camps de déplacés, mais aussi ailleurs, impliquant pour la plupart des éléments de RDF et de l'AFC-M23 », a-t-elle déclaré.
Les raisons de cette enquête, à l'en croire, se fondent sur l'inquiétude de la CNDH après l'occupation des villes de Goma et Bukavu au début de l'année 2025, par l'armée rwandaise et le groupe armé M23-AFC.
D'après Gisèle Kapinga, ce rapport note plusieurs cas de recrutement forcé d'enfants, des attaques contre les hôpitaux, notamment le bombardement du M23-AFC du 26 janvier 2025 du département de néopathologie de l'hôpital « La Charité » à Goma, causant la mort de 11 nouveau-nés et 8 enfants blessés.
Autre fait relevé dans ce rapport, de nombreux cas d'enlèvement, le blocus contre l'accès à l'aide alimentaire ayant entraîné la famine généralisée dans les zones sous occupation et l'accroissement de la criminalité juvénile, des arrestations massives et systémiques des enfants dits de la rue, et des violations des droits de l'éducation pour les enfants ayant perdu l'accès à l'école en raison de la guerre.
Ce rapport révèle également des violations des droits à la justice causées par le non fonctionnement de l'appareil judiciaire et la substitution de celui-ci par un mécanisme de médiation irrespectueux des normes juridiques, les violations des droits à la vie familiale pour les enfants séparés de leurs familles, fuyant la guerre et plusieurs autres violations des droits de l'homme et des enfants.
Christel Insiwe