Les arrestations de proches de l’ancien président Joseph Kabila, notamment Aubin Minaku et Emmanuel Shadary, continuent de susciter des réactions au sein de la classe politique congolaise. Du côté de l’ECIDé de Martin Fayulu, ces interpellations sont perçues comme une « grave » entorse aux principes de l’État de droit.
Joint ce jeudi 22 janvier 2026 par 7SUR7.CD, Devos Kitoko, secrétaire général de cette formation politique, a dénoncé des méthodes qu’il qualifie de « démocraticides » et contraires à la Constitution.
« Avec le président Martin Fayulu, nous avons condamné le non-respect des libertés individuelles et collectives. Nous avons aussi condamné le non-respect de la Constitution. Nous n’entrons pas dans le fond parce que nous ne connaissons pas ce qui est reproché aux personnes arrêtées. Mais la Constitution est claire : lorsqu’une personne est arrêtée pour des faits infractionnels, elle doit être traduite devant la justice et présentée devant son juge », a-t-il déclaré.
Ce cadre de l’ECIDé fustige la procédure utilisée par les services de sécurité.
« Ce que nous condamnons, c’est cette pratique de prendre les gens la nuit, de les garder au secret pendant des semaines, voire des mois, sans contact avec leurs familles et sans les présenter devant un juge pour qu’ils puissent présenter leurs moyens de défense. Ce sont des méthodes d’une période révolue, pour laquelle nos compatriotes ont versé leur sang », a-t-il insisté.
Pour Devos Kitoko, ces agissements traduisent une dérive autoritaire préoccupante.
« Nous sommes pratiquement dans une dictature très féroce où certains se placent au-dessus de la loi et pensent que leur volonté doit primer sur les procédures judiciaires. Or, nous sommes tous des citoyens congolais et la Constitution garantit les libertés individuelles et collectives pour tous », a-t-il affirmé.
Aubin Minaku et Emmanuel Shadary ont été interpellés séparément à Kinshasa par des éléments des services de sécurité, à des heures tardives de la nuit, avant d’être conduits vers des destinations non officiellement communiquées. Jusqu’à présent, aucune autorité judiciaire n’a indiqué les charges retenues contre eux.
Merveil Molo