La Cour d’appel du Haut-Katanga, siégeant en procédure de flagrance, a condamné lundi trois magistrats de la Cour d’appel de Kalemie ainsi qu’un commerçant pour corruption. Des peines de prison ferme, des amendes et de lourdes interdictions civiles et professionnelles ont été prononcées.
Lors du prononcé de son arrêt le lundi 26 janvier 2026 dans la soirée à Lubumbashi, la Cour d'appel du Haut-Katanga a estimé que le ministère public avait établi en fait et en droit les préventions de corruption mises à charge de l’ensemble des prévenus, dont Zantoko Mayikila Hervé, Asanga Kabalo Raphael, Mbele Lalo Christophe, magistrats à la Cour d’appel de Kalemie, ainsi qu’à Kafwimbi Kiwele, commerçant de Kalemie.
« La Cour dit établie la prévention de corruption à charge de tous les prévenus précités », a déclaré Moïse Amadi, président de chambre lors de l'arrêt.
À l’issue du procès, la Cour a condamné Zantoko Mayikila Hervé et Mbele Lalo Christophe à 36 mois de servitude pénale principale chacun, assortis d’une amende de 400 000 francs congolais. À défaut de paiement de l’amende dans le délai légal, les deux magistrats devront subir 30 jours de servitude pénale subsidiaire.
Le magistrat Asanga Kabalo Raphael a été condamné à 15 mois de servitude pénale principale, avec une amende de 200 000 francs congolais constants. En cas de non-paiement, poursuit la Cour d'appel, il encourt 15 jours de servitude pénale subsidiaire.
Présenté comme l’auteur de l’influence exercée sur les juges, Kafwimbi Kiwele Joseph a écopé de 24 mois de servitude pénale principale, assortis d’une amende de 200 000 francs congolais constants.
En plus des peines principales, la Cour a prononcé plusieurs peines complémentaires contre tous les condamnés, notamment l’interdiction du droit de vote et du droit d’éligibilité pendant cinq ans après l’exécution de la peine ; l’interdiction d’accès aux fonctions publiques et paraétatiques ; l’interdiction d’exercer certaines activités professionnelles, notamment celles de banquier, agent comptable, importateur ou exportateur ; l’interdiction de soumissionner aux marchés publics pendant cinq ans ; et la privation du bénéfice de la libération conditionnelle.
Ce dossier trouve son origine dans une affaire de tentative de viol survenue en décembre 2025 à Kalemie. Le commerçant Kafwimbi Kiwele était poursuivi pour des faits présumés commis sur sa belle-fille. Après un acquittement en première instance, la Cour d’appel de Kalemie avait, en appel, prononcé une peine de six mois de servitude pénale, assortie d’une assignation à résidence, une décision jugée non conforme à la loi par le ministère public. C’est cette décision qui avait conduit à l’ouverture de poursuites contre ces magistrats, soupçonnés d’avoir été corrompus pour alléger la peine de l’accusé.
Ce procès s’inscrit dans le cadre de la lutte contre la corruption dans l’appareil judiciaire et s’est tenu en présence de Jacques Kabasele, président de la Cour de cassation, et de Médard Baluki, premier avocat général.
Patient Lukusa, à Lubumbashi