À quelques jours de l’élection du gouverneur et du vice-gouverneur du Sankuru, l’opposant politique Emery Okundji peint un tableau sombre de la gestion précédente de la province. Dans une déclaration rendue publique ce mardi 10 février 2026, il estime que ce scrutin constitue un tournant décisif pour rompre avec des décennies d’échecs politiques et de gouvernance défaillante.
À en croire l'élu de Tshumbe, ce scrutin représente « une opportunité historique » pour le Sankuru de sortir de l’immobilisme et de s’engager sur la voie du développement. Originaire de cette province, berceau du héros national Patrice Emery Lumumba, Emery Okundji déplore le fait que le Sankuru figure aujourd’hui parmi les provinces les moins développées du pays.
« Le Sankuru ne mérite pas d’être relégué au bas de l’échelle du développement national », a-t-il affirmé, dénonçant un écart flagrant entre le potentiel de la province et les conditions de vie de la population.
Selon lui, cette situation est le résultat de plusieurs décennies de mauvaise gouvernance, marquées notamment par la léthargie administrative, le népotisme, le manque d’intégrité des dirigeants, l’amateurisme dans la gestion publique ainsi que le détournement présumé des fonds publics. Il évoque également « l’absence quasi totale de l’autorité de l’État dans plusieurs zones du Sankuru ».
L’opposant met en garde contre la tentation de reconduire des dirigeants ayant, selon lui, échoué par le passé.
« On continue à privilégier ceux qui ont échoué, au détriment de compétences capables de relever les défis du développement », a-t-il regretté, parlant d’un paradoxe politique à l’approche d’un scrutin décisif.
Emery Okundji pointe aussi la responsabilité des régimes politiques successifs, qu’il accuse de n’avoir jamais permis au Sankuru de choisir librement ses dirigeants, freinant ainsi l’émergence d’un leadership porteur de développement.
Se voulant optimiste, il estime qu’un changement reste possible. Citant un passage biblique, il affirme que « les ténèbres ne régneront pas toujours », appelant à l’avènement d’une nouvelle ère pour la province.
À l’approche du scrutin, cette prise de position illustre les attentes d’une partie de la classe politique sankuroise, qui voit dans l’élection du prochain exécutif provincial un tournant décisif pour l’avenir du Sankuru.
Roberto Tshahe