Les Nations Unies ont annoncé une nouvelle mobilisation financière pour soutenir la lutte contre l’épidémie d’Ebola qui touche l’Est de la République démocratique du Congo ainsi que plusieurs pays de la région des Grands Lacs.
Dans un message publié vendredi 22 mai 2026 sur X, Tom Fletcher, secrétaire général adjoint des Nations Unies aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d’urgence (OCHA), a indiqué qu’une enveloppe pouvant atteindre « 60 millions de dollars » sera débloquée à partir du Fonds central d’intervention d’urgence des Nations Unies.
« Nous devons prendre les devants face à cette épidémie d’Ebola. J’alloue jusqu’à 60 millions de dollars provenant du Fonds central d’intervention d’urgence des Nations Unies afin d’accélérer la réponse en République démocratique du Congo et dans la région. La communauté humanitaire est pleinement mobilisée, comme lors des précédentes épidémies. Le Dr Tedros et ses collègues de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) sont à la tête de la lutte contre le virus, faisant preuve de courage et d’expertise », a-t-il écrit
Le chef de l’OCHA a également évoqué les défis liés à la riposte, notamment l’absence de vaccin ou de traitement homologué contre la souche Bundibugyo, ainsi que les difficultés d’accès dans les zones touchées par les conflits.
« L’épidémiologie est complexe : il n’existe à ce jour ni vaccin ni traitement homologué contre la souche Bundibugyo. Nous opérons dans des environnements extrêmement difficiles pour les missions de secours. Nous sommes confrontés à des conflits et à d’importants mouvements de population. Nous œuvrons pour garantir un accès sûr et durable aux intervenants de première ligne, y compris dans les zones contrôlées par des groupes armés. Il est essentiel qu’aucun obstacle ne vienne entraver leur action », a-t-il souligné.
Selon Tom Fletcher, les Nations Unies misent sur une réponse rapide et coordonnée afin de limiter la propagation du virus. Il a insisté sur l’importance de la confiance des communautés ainsi que sur le renforcement des mécanismes d’alerte et de détection.
« La confiance de la population est essentielle. Je suis en contact étroit avec nos coordinateurs humanitaires et leurs équipes en RDC, en Ouganda et au Soudan du Sud. Des renforts sont déployés auprès des agences des Nations Unies et de nos partenaires. Je tiens à saluer le courage des communautés et des acteurs humanitaires qui œuvrent pour endiguer cette épidémie », a-t-il indiqué.
Cette nouvelle crise sanitaire survient dans un contexte humanitaire déjà préoccupant en République démocratique du Congo.
Le pays fait face à une recrudescence des conflits armés ayant provoqué le déplacement de 5,6 millions de personnes, dont environ 2,5 millions d’enfants. Selon les données humanitaires, près de 15 millions de personnes nécessitent une assistance dans le pays.
Par ailleurs, vingt-quatre heures après la déclaration officielle de cette 17ᵉ épidémie dans la province de l’Ituri, l’Organisation mondiale de la Santé a qualifié l’épidémie liée à la souche Bundibugyo en RDC et en Ouganda d’urgence de santé publique de portée internationale (USPPI).
Raphaël Kwazi