Un mois après sa déclaration officielle, l'épidémie d'Ebola gagne du terrain dans l’Est de la République démocratique du Congo. D'après Médecins sans frontières (MSF), la réponse actuelle pour lutter face à l'épidémie ne serait pas à la hauteur vu la progression rapide de la souche Bundibugyo.
À en croire, Kate White, coordinatrice médicale d'urgence au sein de MSF en République démocratique du Congo (RDC), l'ampleur réelle de l'épidémie reste à découvrir.
"Personne ne connait l'ampleur réelle de l'épidémie. Ce que nous savons, c'est que la plupart des centres de traitement en province de l'Ituri sont débordés, que les patients arrivent à un stade déjà avancé et que la majorité n'ont jamais été identifiés ni suivis comme contacts", a-t-elle dénoncé.
Selon MSF, l'Ituri porte presque tout le poids lourd de l'épidémie avec notamment près de 95 % des cas recensés dans les zones de santé déjà touchées, toutefois avec une réponse visiblement faible.
"Le dépistage reste l'une des principales faiblesses de la réponse malgré des améliorations récentes des capacités de laboratoire et l'arrivée de centaines de tests mobiles dans l'Est de la RDC, spécifiquement conçus pour le virus Bundibugyo. De nombreuses zones de santé, en particulier celles touchées par l'insécurité, ont encore un accès limité à ces tests et les centres de traitement continuent d'attendre longtemps les résultats des tests. Sans un dépistage plus rapide et largement disponible, il sera difficile de détecter les cas suffisamment tôt pour contenir l'épidémie", poursuit Kate White de MSF.
La nouvelle souche de l'épidémie d’Ebola a déjà causé 192 décès sur un total de 808 cas confirmés enregistrés depuis son apparition le 15 mai 2026, soit un taux de létalité global de 23,8 %, selon le rapport sur la situation épidémiologique publié le 14 juin 2026.
Le document indique que 363 patients sont actuellement en isolement ou hospitalisés, tandis que 48 personnes ont été déclarées guéries. Le taux global de suivi des contacts s’établit à 63,1 % dans les trois provinces touchées par l’épidémie.
Joël Losinu, à Komanda