Ebola en RDC : près d'un million de personnes supplémentaires pourraient basculer dans la pauvreté (PNUD)

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Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) Afrique vient de publier un rapport selon lequel l'épidémie d'Ebola engendre une crise économique et freine le développement dans les régions touchées.

Intitulé « Évaluation socio-économique rapide de la flambée d'Ebola en RDC », ce rapport, dont un extrait a été rendu public par les services de communication du PNUD-RDC le mercredi 1er juillet 2026 et consulté par 7SUR7.CD, souligne que les femmes sont les plus vulnérables. Elles sont majoritaires dans le commerce transfrontalier, représentent une grande partie du personnel de santé et assument également les responsabilités de soins au sein des ménages, ce qui les expose davantage au risque de contamination.

« Une nouvelle évaluation du Programme des Nations unies pour le développement avertit que la flambée actuelle de la maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo provoque une crise socio-économique de grande ampleur, susceptible de faire basculer 985 000 personnes supplémentaires dans la pauvreté. Les femmes seront les plus durement touchées par les répercussions économiques et sanitaires. Si les effets de la crise venaient à s'étendre à l'échelle régionale, elle pourrait entraîner la perte de dizaines de milliers d'emplois, perturber les systèmes de santé et d'éducation et coûter jusqu'à 3,6 milliards de dollars aux économies africaines », indique le PNUD.

Selon ce rapport, la propagation actuelle du virus Ebola de souche Budibugyo constitue un choc majeur qui aggrave la pauvreté en RDC ainsi que dans les pays voisins, notamment l'Ouganda, le Rwanda et le Soudan du Sud. Le PNUD estime que les restrictions imposées aux déplacements et aux échanges commerciaux ont des conséquences involontaires mais dévastatrices sur les économies locales et les moyens de subsistance, en particulier dans le secteur informel.

« Ebola ne s'arrête pas aux portes des hôpitaux. Ses répercussions se font sentir sur les moyens de subsistance, l'éducation, la sécurité alimentaire, le commerce, les finances publiques et la confiance des populations. Si nous considérons Ebola uniquement comme une crise sanitaire, nous risquons de sous-estimer les effets dévastateurs qu'elle entraîne sur le développement », a déclaré Ahunna Eziakonwa, sous-secrétaire générale des Nations unies et directrice régionale du PNUD pour l'Afrique, citée dans le rapport.

L'analyse montre également que les conséquences économiques pourraient perdurer même après la maîtrise de l'épidémie.

« La RDC pourrait enregistrer une perte de plus d'un milliard de dollars de PIB réel et la disparition de 55 000 emplois. Les perturbations des échanges commerciaux, les restrictions aux frontières, les retards dans les transports, la baisse de la confiance des consommateurs et les interruptions des marchés informels pourraient réduire le PIB du continent de 2,37 milliards de dollars, même si la propagation du virus reste largement maîtrisée. Les 20 % des ménages les plus pauvres pourraient voir leur consommation quotidienne reculer de 1,7 %, une baisse qui effacerait des progrès de développement encore fragiles et risquerait d'ancrer davantage de familles dans la pauvreté », poursuit le document.

Afin de limiter ces conséquences socio-économiques, l'agence onusienne recommande notamment :

- de renforcer le soutien ciblé grâce à des transferts monétaires directs et à des subventions à la consommation destinés aux populations les plus vulnérables, en particulier aux ménages dirigés par des femmes ;
- de mettre en place des frontières intelligentes, privilégiant des protocoles de dépistage ciblés et des mécanismes communautaires de protection plutôt que des fermetures généralisées, afin de permettre aux femmes actives dans le commerce informel de poursuivre leurs activités en toute sécurité ;
- de préserver les dépenses sociales essentielles en instaurant des mécanismes de financement d'urgence garantissant la continuité des services de santé maternelle, reproductive et infantile, parallèlement à la riposte contre Ebola.

Le gouvernement congolais et ses partenaires sont ainsi appelés à aller au-delà des approches traditionnelles de lutte contre les épidémies, en investissant simultanément dans les systèmes de santé, la protection sociale, les moyens de subsistance et la résilience économique.

Christel Insiwe