Greenpeace Afrique appelle les autorités congolaises à renforcer le cadre juridique encadrant les emballages plastiques, estimant que la réglementation actuelle est insuffisamment appliquée pour répondre à la montée de la pollution plastique, notamment à Kinshasa.
Cette recommandation a été formulée à l'issue d'un atelier de consultation organisé les 30 et 31 juillet à Kinshasa avec le secrétariat général du ministère de l'Environnement. La rencontre a réuni des représentants des administrations publiques, du secteur privé et de la société civile afin d'identifier les réformes susceptibles d'améliorer la gestion des déchets plastiques.
L'organisation estime que le dispositif réglementaire en vigueur est affaibli par une application inégale des textes, des capacités de contrôle limitées, un déficit d'infrastructures de collecte et de recyclage, ainsi que par l'absence de mécanismes économiques favorisant la réduction des déchets.
Greenpeace Afrique recommande à la RDC de s'inspirer des expériences menées au Kenya et au Rwanda dans la lutte contre les plastiques à usage unique. Elle préconise également l'adoption de systèmes de responsabilité élargie des producteurs (REP), déjà appliqués en Afrique du Sud et dans l'Union européenne, ainsi que de dispositifs de consigne favorisant le retour des bouteilles, en vigueur notamment en Allemagne, en Norvège et en Lituanie.
« Des pays comme le Kenya, le Rwanda et la Tanzanie ont déjà pris des mesures contre les plastiques à usage unique. (…) Le secret de leur réussite réside dans le fait qu'ils ont travaillé de manière concertée avec toutes les parties concernées », a déclaré Hellen Kahaso Dena, responsable de la campagne Plastiques de Greenpeace Afrique.
L'organisation souligne également que cette réforme devra associer les autorités, les entreprises et la société civile afin de favoriser l'adoption d'alternatives durables.
Greenpeace Afrique a par ailleurs annoncé la mise en place d'un groupe de travail chargé de proposer des amendements au décret n°11/009 du 9 juillet 2011 relatif aux emballages plastiques.
« Les plastiques constituent une crise actuellement dans notre pays. (…) Ce que nous faisons est une opportunité pour accompagner le gouvernement dans la réforme du cadre légal », a affirmé Georges Milumbu, coordonnateur pays de Greenpeace Afrique.
Selon l'organisation, les évaluations du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) et de l'OCDE montrent qu'« aucune mesure prise isolément ne permet de résoudre durablement la pollution plastique ». Elle plaide ainsi pour une approche intégrée combinant la réduction, la réutilisation, le réemploi et la responsabilité des producteurs.
Bienfait Luganywa