La campagne citoyenne en faveur de l'organisation d'un référendum, lancée par la plateforme de la société civile « Tous pour le Congo », poursuit son déploiement à travers la République démocratique du Congo.
Après Kinshasa, elle a gagné les principales villes du Grand Équateur, notamment Gbadolite, Gemena, Lisala, Boende et Mbandaka, où des populations ont publiquement adressé un « carton rouge » à la classe politique, qu'elles accusent de ne pas assumer ses responsabilités et de priver le peuple de l'exercice direct de sa souveraineté.
Réunis aux côtés de William Mukambila, président de ladite plateforme, les participants ont appelé les responsables politiques à laisser les citoyens s'exprimer librement par la voie du référendum. Ils estiment que le peuple, en tant que souverain primaire, doit pouvoir se prononcer sur les grandes questions nationales, conformément à l'article 5 de la Constitution.
Au cours des différentes étapes de cette mobilisation, les manifestants ont insisté sur la nécessité de mettre fin aux querelles politiques qu'ils jugent contraires aux intérêts de la Nation. Selon eux, le moment est venu pour les Congolais de reprendre pleinement l'exercice de leur souveraineté à travers les mécanismes démocratiques prévus par la Constitution.
Prenant la parole à Mbandaka, William Mukambila a affirmé que cette campagne est avant tout un appel à l'unité et à la responsabilisation de la classe politique.
« Pour le Congo, nous nous battrons et nous vaincrons. Nous adressons un carton rouge à la classe politique », a-t-il déclaré.
Poursuivant son intervention, il a dénoncé les divisions persistantes entre les acteurs politiques.
« Nous sommes ici à Mbandaka et notre engagement est de donner un carton rouge aux politiciens, parce qu'ils ne parviennent jamais à s'entendre. En tant que souverain primaire, le peuple doit trancher. Nous constatons que les politiciens mobilisent constamment la population pour déstabiliser les institutions. Certains jouent un double jeu, allant jusqu'à vendre des informations à nos ennemis », a soutenu l'ambassadeur William Mukambila.
Il a également mis en cause aussi bien certains opposants que des membres de la majorité, qu'il accuse de contribuer à la détérioration de la situation sécuritaire dans l'est du pays.
« Les opposants réclament le départ du chef de l'État, tandis que certains membres de la majorité transmettent également des informations, ce qui contribue à la poursuite de la guerre dans notre pays et entraîne la mort de nombreuses personnes dans l'Est. Avec tous les jeunes du Congo, nous adressons un carton rouge à toute la classe politique. Nous leur demandons de laisser le peuple s'exprimer lui-même à travers un référendum. Ensemble, nous donnons un carton rouge aux politiciens », a-t-il ajouté.
Partie de Kinshasa, cette campagne a successivement traversé Gbadolite, Gemena, Lisala, Boende et Mbandaka, où le même message a été relayé : dénoncer les divisions de la classe politique et réclamer que le peuple puisse exercer directement sa souveraineté à travers un référendum. Les initiateurs de cette mobilisation annoncent poursuivre leur sensibilisation dans d'autres provinces afin de porter ce plaidoyer à l'échelle nationale.
Chançard Sindani