RDC : Des « Fidèles Catholiques Kinois» appellent les évêques à consulter davantage leurs fidèles avant toute prise de position politique

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Les Fidèles Catholiques Kinois (FCK) ont, dans un point de presse tenu ce mardi 11 août 2026, appelé les évêques catholiques à privilégier leur rôle de médiateurs et de conciliateurs dans la vie nationale, tout en les invitant à consulter davantage les fidèles avant toute prise de position sur les questions politiques.

Ils se sont également prononcés en faveur du dialogue annoncé par le chef de l’État, tout en rejetant toute démarche qui impliquerait, selon eux, « des acteurs armés responsables » des violences dans l’Est du pays.

Dans cette déclaration lue par Aristide Kasongo, les FCK ont expliqué que leur initiative est née après la sortie médiatique de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), le 20 juin 2026. Ils ont notamment déploré certains propos attribués aux évêques catholiques, estimant que ceux-ci avaient suscité l’indignation et l’incompréhension d’une partie des fidèles.

Pour cette plateforme de Kinshasa, l’Église doit demeurer un facteur d’unité et de pacification et éviter de s’inscrire dans les clivages politiques.

« Conscients de la laïcité de l’État dans notre pays, il est difficile de comprendre qu’au nom du peuple, des hommes d’église s’arrogent le droit et le pouvoir d’inciter la population à la révolte, de mener des campagnes contre les institutions établies et tenir des réunions avec les forces politiques de l’opposition mais aussi de demander en même tant d’assurer la médiation entre les différentes parties prenantes à ce qu’ils qualifient abusivement de conflit congolais », ont-ils déclaré.

Et d’ajouter : « le discours à la nation du président de la République, chef de l’État, a été on ne peut plus clair et apaisant. Laissons le temps au temps opportun et ne nous en saisissons point pour diviser, opposer, exciter ou frustrer les paisibles citoyens congolais avant qu’eux-mêmes ne se soient prononcés comme “souverain primaire” et ce, conformément à la Constitution. À ce stade donc, aucune précipitation ne saurait être fondée. Bannissons la passion pour privilégier la réflexion. »

Interrogés sur le risque d’être mal perçus par leurs autorités ecclésiastiques en raison de leur prise de position, les FCK ont assumé leur démarche, comparant cette situation à celle d’un enfant devenu adulte, qui doit pouvoir faire entendre une voix différente tout en conservant le respect dû aux autorités religieuses.

« Vous savez, un enfant qui grandit, une fois qu’il devient adulte, les parents doivent comprendre que l’enfant est devenu adulte. Et donc, les fidèles catholiques que nous étions lorsque nous étions très jeunes avons eu le temps de grandir, de nous émanciper, et ça veut dire que même par rapport à nos pères spirituels, nous n’avons pas la crainte d’être mal vus à partir du moment où nous disons la vérité. À partir du moment où nous transmettons ce que la population en général ressent. Nous avons toute la considération pour nos pères spirituels, mais ils doivent savoir que maintenant ils ont des enfants qui ont l’âge adulte, qui sont des intellectuels, des soignants, des sages pour certains, et qui ont la lucidité et la capacité de discerner et de leur faire part lorsqu’un sujet les oppose à eux », à déclaré Aristide Kasongo.

Au sujet du dialogue annoncé par le chef de l’État, les intervenants ont précisé que leur position ne consiste pas à rejeter le principe du dialogue.

Ils estiment toutefois que le processus doit être encadré et que les acteurs ayant pris les armes et étant accusés de graves exactions dans l’Est du pays ne devraient pas, selon eux, être intégrés à un dialogue politique national.

« Les Africains ne refusent jamais le dialogue », ont-ils soutenu, tout en établissant une distinction entre le processus politique national et les discussions déjà engagées avec les groupes armés dans d’autres cadres.

Les FCK ont également appelé les acteurs de l’opposition à faire preuve de patience, estimant que les ultimatums autour de la convocation du dialogue ne contribuent pas à l’apaisement du climat politique.

Ils ont rappelé que le président de la République a annoncé que le dialogue se tiendra « en temps opportun », avec un cadre et un format qui devront être précisés.

Par ailleurs, les Fidèles Catholiques Kinois (FCK) ont appelé les prélats catholiques à poursuivre leur mission de pacification, tout en adoptant, selon eux, un langage clair concernant la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC. Ils ont également condamné les violences, les déplacements massifs de populations, les destructions de villages et les autres actes de violences commises dans les zones touchées par les conflits.

Pour rappel, il existait, par le passé, des mécanismes de consultation des fidèles dans certaines paroisses, notamment à travers des échanges avec les membres de la commission des intellectuels, avant certaines prises de position. Les FCK souhaitent que les évêques renouent avec cette pratique et consultent davantage leur base ecclésiale lorsqu’ils sont appelés à se prononcer sur des questions politiques ou nationales.

Grâce Kenye