Ebola en RDC : l’OMS alerte sur une propagation à un rythme inédit

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L’épidémie d’Ebola qui sévit dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) inquiète de plus en plus l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Près de trois mois après sa déclaration officielle, la flambée évolue à un rythme jugé inédit, avec près de 4 500 cas confirmés et plus de 2 000 décès.

Lors d’une conférence de presse tenue mercredi 12 août à Genève, le directeur général de l’OMS, Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, a fait part de ses inquiétudes face à la progression rapide du virus. Il estime que la riposte sanitaire a démarré avec un retard important, alors que la maladie avait déjà eu le temps de se propager dans plusieurs communautés.

« La course contre le virus a commencé avec plusieurs longueurs de retard et l’épidémie a pris une avance considérable », a déclaré le patron de l’OMS, appelant à intensifier les efforts pour reprendre le contrôle de la situation.

Déclarée officiellement le 15 mai dernier, l’épidémie s’est étendue à cinq provinces et concerne désormais 53 zones de santé. L’Ituri reste toutefois le principal foyer de contamination, concentrant près de 90 % des cas et environ 80 % des décès rapportés.

La ville de Bunia ainsi que les zones de santé de Rwampara et Nizi figurent parmi les secteurs où la transmission demeure particulièrement active. Les équipes sanitaires y poursuivent les opérations de surveillance, de recherche des contacts et de prise en charge des personnes infectées.

Les investigations menées par les autorités sanitaires et leurs partenaires indiquent que le virus aurait circulé pendant deux à trois mois avant que l’épidémie ne soit officiellement reconnue. Ce retard dans la détection aurait permis au virus de s’implanter dans plusieurs communautés et de multiplier les chaînes de transmission avant le déploiement complet de la riposte.

L’un des principaux défis demeure aujourd’hui l’identification des cas qui échappent au système de surveillance. Des personnes infectées peuvent notamment décéder sans avoir été diagnostiquées, ce qui complique le suivi des contacts et favorise la poursuite de la transmission.

Face à cette situation, l’OMS insiste sur la nécessité d’impliquer davantage les populations locales. Pour l’organisation, la lutte contre Ebola ne peut pas reposer uniquement sur les centres de traitement et les équipes médicales.

Le signalement rapide des personnes présentant des symptômes suspects, l’acceptation des soins, la collaboration avec les équipes de riposte et le respect des mesures de prévention sont essentiels pour ralentir la progression de la maladie.

Cette nouvelle flambée est la dix-septième épidémie d’Ebola enregistrée en RDC depuis 1976. Les autorités congolaises et leurs partenaires internationaux tentent désormais de renforcer la surveillance et la riposte afin d’éviter une aggravation de la crise sanitaire.

Pour l’OMS, les prochaines semaines seront déterminantes. La capacité à détecter rapidement les nouveaux cas, à retrouver leurs contacts et surtout à obtenir l’adhésion des communautés constituera un facteur majeur dans le contrôle de l’épidémie.

Roberto Tshahe Da Cruz