Dans une interview accordée à 7SUR7.CD à l’occasion de la Journée mondiale de l’aide humanitaire, célébrée ce mercredi 19 août 2026, le président de l’ONG Agir pour l’Enfance (APE), Maître Roger Thamba, a dressé le bilan de l’action du gouvernement, évoqué l’ampleur des besoins humanitaires et le rôle des organisations de la société civile dans l’assistance aux populations vulnérables.
Selon Maître Roger Thamba, l’aide humanitaire constitue une réponse d’urgence destinée à sauver des vies, à réduire les souffrances et à préserver la dignité humaine. En RDC, cette assistance intervient dans un contexte marqué par la persistance de plusieurs crises simultanées.
Évoquant la réponse des autorités congolaises aux différentes situations humanitaires, le président d’APE estime que les efforts du gouvernement doivent être évalués à travers ses capacités d’anticipation, de prévention, de gestion et de riposte. Toutefois, il considère que l’ampleur et la multiplicité des crises rendent le bilan mitigé.
« Face à cette situation, le gouvernement déploie des efforts dans la planification et la coordination des interventions, dans la prise en charge directe des populations affectées, mais aussi dans la mobilisation des financements pour une réponse humanitaire efficace, à la hauteur des attentes des populations concernées. Et donc, le bilan, on pourra dire qu’il est mitigé parce qu’au-delà de l’engagement du gouvernement, les défis restent immenses au regard de la particularité de la situation qui résulte du concours de plusieurs situations en présence, à la fois la guerre, les catastrophes naturelles et les crises sanitaires à répétition », a-t-il expliqué.
Selon lui, la situation humanitaire en RDC reste particulièrement préoccupante en raison de la combinaison de plusieurs facteurs, notamment la guerre dans l’Est du pays, les catastrophes naturelles et les flambées épidémiques.
Il cite notamment les besoins en matière de sécurité alimentaire, de soins médicaux et d’abris pour les populations déplacées, tout en insistant sur la nécessité de permettre à ces dernières de retourner dans leurs milieux d’origine lorsque les conditions sécuritaires le permettront.
Dans ce contexte, Agir pour l’Enfance entend jouer sa partition dans la réponse aux vulnérabilités qui touchent les enfants. Cette assistance sociale constitue un prolongement de l’action humanitaire en période ordinaire et intervient notamment en faveur des enfants défavorisés, démunis, des enfants de la rue et de ceux qui vivent dans des situations difficiles.
« Agir pour l’enfance est une ONG qui œuvre pour l’éducation et le bien-être de l’enfant. Nous mettons l’accent dans les domaines de l’éducation, de la santé et de la protection de l’enfant. Et en tant que telle, nous jouons notre part de responsabilité dans l’intervention, dans l’action humanitaire, parce que nous apportons l’assistance sociale aux enfants défavorisés, aux enfants démunis, aux enfants de la rue et aux enfants qui vivent en situation difficile. Et donc, il s’agit de l’assistance sociale, mais l’assistance sociale, c’est en réalité le prolongement de la situation humanitaire en temps ordinaire », a-t-il indiqué.
Par ailleurs, il note que certains enfants rencontrés sur le terrain sont directement affectés par les conséquences des conflits et des crises sanitaires, notamment par la perte de leurs parents à la suite des différentes crises qui frappent le pays. Cette situation renforce, selon lui, la nécessité de maintenir une attention particulière sur la protection et le bien-être de l’enfant.
À l’occasion de cette Journée mondiale de l’aide humanitaire, le président d’APE appelle les différents acteurs à considérer la paix comme une priorité et plaide également pour davantage de solidarité envers les populations affectées.
« Les messages à l’occasion de la Journée mondiale de l’aide humanitaire, c’est d’abord un message d’appel à la paix. La paix devrait être considérée par tous les acteurs comme un impératif catégorique, parce que la paix a une incidence directe sur la vie des populations. Mais on sait, la paix est le produit de l’unité et le produit de la réconciliation nationale. Mais nous lançons également un appel au gouvernement pour redoubler d’efforts dans la planification et la coordination des interventions, dans la mobilisation du financement et dans la prise en charge des populations affectées », a-t-il déclaré.
Pour lui, la Journée mondiale de l’aide humanitaire doit ainsi constituer une occasion de rappeler que la réponse aux crises ne relève pas uniquement des pouvoirs publics ou des organisations humanitaires, mais nécessite également une mobilisation collective autour des personnes les plus vulnérables.
Grâce Kenye