Plan stratégique triennal 2026-2028 : L’IGF, les administrations et services publics engagés dans la mutation du contrôle

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 L’Inspection générale des finances (IGF) entend accélérer la transformation du contrôle des finances publiques en République démocratique du Congo en misant davantage sur la prévention des risques, la digitalisation et l’amélioration des systèmes de gestion. Cette orientation a été mise en avant lors du séminaire de vulgarisation du Plan stratégique triennal 2026-2028, organisé les 19 et 20 août à Kinshasa à l’intention des responsables des administrations et services publics.

D’après la presse de l’IGF, ces assises ont permis aux participants de prendre connaissance des principales orientations du nouveau Plan stratégique triennal et de mieux comprendre la philosophie du contrôle systémique, présenté comme une évolution dans la manière d’exercer le contrôle des finances publiques.

 

Placés sous le thème « Plan stratégique triennal 2026-2028 et contrôle systémique de l’IGF : mutation du contrôle pour une meilleure gouvernance publique en RDC », les travaux ont notamment porté sur la réforme des finances publiques, la transformation numérique de l’administration, la gouvernance budgétaire, l’audit interne et la maîtrise des risques.

À travers ce nouveau plan, l’IGF veut progressivement dépasser une approche essentiellement fondée sur le constat des irrégularités pour agir davantage sur les systèmes et mécanismes susceptibles de favoriser leur apparition. L’objectif est notamment d’identifier les faiblesses en amont afin de prévenir les pertes et d’améliorer durablement la gestion des ressources publiques.

Au cours du séminaire, Carlos Kaloto, Directeur de cabinet adjoint au ministère de la Fonction publique, a insisté sur la nécessité pour les administrations publiques de s’adapter aux exigences de la transformation numérique. Il a notamment mis en avant l’importance d’une meilleure gestion des ressources et des données administratives.

« Il n’y a pas de gestion efficace tant que les ressources sont floues. C’est pourquoi la réforme de l’administration trouve toute sa raison d’être », a-t-il souligné.

La transformation numérique apparaît ainsi comme un levier important de la réforme administrative. Elle doit notamment permettre aux services publics d’améliorer la gestion de l’information, de renforcer la traçabilité des opérations et de disposer de données fiables pour faciliter la prise de décision.

Pour l’IGF, la digitalisation doit également faciliter le suivi des opérations financières et permettre progressivement de développer des mécanismes de contrôle à distance. Cette approche devrait contribuer à mieux cibler les interventions sur le terrain et à renforcer l’efficacité des contrôles.

Le contrôle systémique repose, pour sa part, sur une vision globale de l’administration. Il s’agit d’examiner les systèmes et les mécanismes de gestion afin d’identifier les faiblesses susceptibles de favoriser les irrégularités et d’agir en amont.

Au cours des échanges, l’accent a ainsi été mis sur la nécessité de ne plus se limiter au constat d’une irrégularité après sa survenance, mais de rechercher également les causes profondes qui la favorisent.

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Cette approche vise à articuler les contrôles a priori, concomitant et a posteriori dans une démarche intégrée. L’ambition est de faire du contrôle un outil permettant non seulement de relever les dysfonctionnements, mais aussi de renforcer la gouvernance et la performance des administrations publiques.

La gouvernance budgétaire a également figuré parmi les sujets abordés. Étienne Mafweni, assistant technique au COREF, a expliqué les rôles respectifs du contrôle interne, de l’audit interne et de l’inspection.

Le contrôle interne repose sur les procédures et dispositifs mis en place au sein des administrations pour encadrer et sécuriser leurs activités. L’audit interne permet d’évaluer le fonctionnement de ces mécanismes et d’identifier leurs éventuelles faiblesses, tandis que l’inspection intervient notamment dans la détection et le traitement des irrégularités et des fraudes.

La complémentarité de ces mécanismes doit permettre de renforcer la maîtrise des risques et d’améliorer la qualité de la gestion publique.

La cartographie des risques a également constitué un volet important du Plan stratégique triennal 2026-2028. Présentée par Tshibangu Luamuela, Inspecteur des finances émérite, cette démarche vise à identifier, analyser et hiérarchiser les risques auxquels les administrations sont exposées.

Elle doit permettre aux responsables publics de mieux connaître les vulnérabilités de leurs structures et de mettre en place des mesures préventives avant la matérialisation des risques.

À la clôture du séminaire, Christophe Bitasimwa, Inspecteur général des finances, chef de service, a insisté sur la nécessité de faire évoluer les méthodes de contrôle de l’institution.

Il a rappelé les acquis de la patrouille financière, tout en soulignant la nécessité de privilégier désormais une approche davantage axée sur l’anticipation, l’exploitation des données et l’identification des risques.

« Il n’est plus question de courir derrière le dégât causé. La digitalisation n’est plus une option, c’est un choix pour la bonne gouvernance de notre pays », a déclaré Christophe Bitasimwa.

Cette mutation doit notamment permettre à l’Inspection générale des finances de mieux cibler ses interventions physiques, en concentrant les contrôles sur les situations présentant les niveaux de risque les plus élevés grâce à l’analyse préalable des données disponibles.

La clôture du séminaire a été marquée par la remise des brevets de participation aux responsables des administrations et services publics, avant un cocktail d’au revoir.

À travers cette rencontre, l’IGF entend renforcer le dialogue avec les administrations publiques et favoriser une appropriation commune de son Plan stratégique triennal 2026-2028.

La digitalisation, la maîtrise des risques et le contrôle systémique constituent ainsi les principaux axes de cette nouvelle dynamique, avec l’objectif de faire évoluer le contrôle des finances publiques vers une approche davantage préventive, anticipative et orientée vers l’amélioration de la gouvernance en République démocratique du Congo.

Chançard Sindani