Face à une crise humanitaire qui touche plus de 15 millions de Congolais, le président Félix Tshisekedi a lancé, ce jeudi 27 août, la campagne permanente de solidarité nationale. Initiée par le ministère des Affaires sociales, elle vise à mobiliser les ressources et les forces vives du pays en faveur des populations affectées par les conflits, les déplacements forcés, la pauvreté et les catastrophes.
Dans son discours, le chef de l’État a insisté sur l’urgence d’une réponse collective, alors que les conflits armés persistent dans l’est du pays et que les urgences sanitaires, les catastrophes climatiques et les conflits intercommunautaires aggravent la vulnérabilité des populations.
« […] le premier droit de notre peuple est d’être protégé. Le premier devoir de l’État est de secourir les plus fragiles et de restaurer la dignité de celles et ceux que la violence, la pauvreté ou les catastrophes ont dépouillés de l’essentiel », a déclaré Félix Tshisekedi.
Le président de la République a également appelé à renforcer la solidarité nationale dans un contexte de baisse des financements internationaux destinés à l’aide humanitaire. Pour lui, la protection des Congolais ne peut dépendre exclusivement d’une aide extérieure fluctuante. Il a toutefois rappelé que cette mobilisation ne doit ni se substituer aux responsabilités constitutionnelles de l’État ni transférer ses obligations à la population.
La transparence figure parmi les principales exigences de cette campagne. Les contributions financières devront être identifiées, tracées et sécurisées, tandis que les dons en nature devront être enregistrés et acheminés vers les bénéficiaires. Des mécanismes de contrôle, d’audit et de reddition des comptes sont annoncés afin d’assurer une gestion crédible des ressources mobilisées.
L’appel concerne les institutions publiques, les provinces, les confessions religieuses, la société civile, les communautés locales et la diaspora. Les entreprises publiques et privées, notamment celles des secteurs minier, bancaire, agricole, commercial, des télécommunications et des assurances, sont également invitées à contribuer.
Félix Tshisekedi a, par ailleurs, réaffirmé la nécessité de protéger les acteurs humanitaires qui interviennent auprès des populations vulnérables.
« En République démocratique du Congo, les humanitaires ne sont pas des cibles, ils ne le seront jamais », a-t-il martelé.
À travers cette campagne, le gouvernement congolais entend faire de la solidarité une pratique durable et un levier de cohésion nationale.
Christian Dimanyayi