Lubero : 3 journées ville morte décrétées un an après le massacre de plus de 70 civils à Ntoyo

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Les forces vives ont décrété 3 journées ville morte à partir de ce jeudi 10 septembre 2026 dans la zone de Ntoyo-Kasenye, en territoire de Lubero (Nord-Kivu). L'initiative est faite en mémoire des civils qui avaient été massacrés par les ADF à Ntoyo, dans la nuit du 8 au 9 septembre 2025. Les habitants ont ainsi été appelés à observer ces journées pour demander que la menace des ADF soit prise au sérieux par les autorités congolaises et la communauté internationale.

Ce jeudi, l’appel a été suivi en grande partie dans la zone selon les organisateurs. Les boutiques et les marchés sont fermés ; les transports ainsi que plusieurs autres activités ont également tourné au ralenti. De nombreux habitants se sont notamment réunis à Ntoyo pour rendre hommage aux personnes tuées lors de l’attaque. Les forces vives veulent ainsi rappeler ce qui s’était passé dans cette partie du secteur des Bapere et maintenir la pression pour que de tels massacres ne se reproduisent plus.

"Nous avons organisé ces 3 jours et aujourd'hui, toutes les activités sont paralysées. La population est unie et veut montrer à tout l'espace de la RDC et à la communauté internationale que la question des ADF doit tellement être prise en considération pour que le phénomène soit éradiqué et que ces atrocités ne puissent plus se répéter dans la contrée", explique à 7SUR7.CD Samuel Kagheni de la société civile à Manguredjipa.

Dans la nuit du 8 au 9 septembre 2025, des combattants ADF avaient attaqué des civils réunis pour une veillée mortuaire à Ntoyo, village situé à quelques kilomètres de Manguredjipa.

Plusieurs personnes avaient été tuées à l’arme blanche et par balles. Des maisons avaient été incendiées et des véhicules et des motos brûlés. Le bilan avait ensuite varié selon les sources. Les forces vives locales avaient parlé de 82 morts, alors que plusieurs autres sources gouvernementales avaient rapporté plus de 70 victimes. Dans un communiqué publié le 10 septembre 2025, l’Union africaine avait, elle, fait état d’au moins 71 civils tués.

Pour les forces vives, la commémoration de cette année doit également servir à rappeler que la sécurité de la population doit rester une priorité pour les autorités. Le président de la Société civile de Manguredjipa reconnaît toutefois une accalmie relative dans cette zone qui était déjà devenue l'épicentre des attaques des ADF. Il salue, à ce sujet, les efforts des Forces armées de la République démocratique du Congo

"Nous sommes en train d'apprécier le comportement des militaires sur les lignes de front parce qu'aujourd'hui, nous avons l'assurance que si les choses marchent de cette manière, l'accalmie sera observée. Mais, il y a des personnes qui ont été massacrées, des maisons brûlées. Il y a des victimes qui, jusqu'à ces jours, n'ont pas où poser leur tête. Que le gouvernement vienne à leur rescousse", ajoute-t-il.

La société civile appelle enfin les habitants à continuer de collaborer avec les services de sécurité. Elle estime que cette collaboration peut contribuer à consolider l’accalmie observée dans la région. Les 3 journées ville morte se poursuivront ainsi jusqu’à samedi prochain dans la zone de Ntoyo-Kasenye, où la population rend hommage aux victimes du massacre commis il y a un an.

Isaac Kisatiro, à Butembo