RDC : Le Centre de Germain Kambinga voit 2028 comme un « horizon possible » pour un référendum sur l’architecture de la République

Image
Ilhre

Le Centre, parti politique dirigé par Germain Kambinga, considère 2028 comme un « horizon possible » pour l’organisation d’un référendum sur l’architecture institutionnelle de la République démocratique du Congo (RDC), sous réserve de la réunion des conditions sécuritaires, territoriales et juridiques nécessaires.

Cette position a été exprimée lundi 5 octobre 2026 à Kinshasa, lors des 10es Universités d’octobre, organisées autour du thème : « La République démocratique du Congo n’ira pas à Canossa ».

À cette occasion, l’ancien ministre de l’Industrie s’est exprimé sur plusieurs questions liées notamment à la paix, au dialogue, à la défense et à la refondation de l’État.

Pour Le Centre, la question institutionnelle ne peut être dissociée de la situation sécuritaire du pays. Le parti envisage ainsi 2028 comme une échéance possible pour consulter la population sur l’architecture de la République, « à condition que soient réunies toutes les conditions sécuritaires, territoriales et juridiques nécessaires ».

Sur la paix, Germain Kambinga a estimé qu’elle ne peut être durable avec les pays voisins si elle est obtenue au prix de l’intégrité territoriale ou de la souveraineté de la RDC.

« Nous voulons la paix, mais pas une paix obtenue par l’humiliation de la République. Nous voulons le dialogue, mais pas la capitulation », a-t-il déclaré.

Pour mettre fin au cycle des rébellions qui fragilisent l’État, Le Centre estime que la succession des mouvements armés, des négociations, des intégrations et des reprises des hostilités a contribué à installer l’idée que la prise d’armes pouvait constituer un moyen d’accéder aux responsabilités politiques.

Le parti défend ainsi le principe selon lequel « aucun pouvoir politique ne devrait être obtenu comme récompense du contrôle militaire d’un territoire ».

Le Centre se dit toutefois favorable au dialogue lorsqu’il vise à obtenir des cessez-le-feu, organiser le désengagement militaire, favoriser le retour des personnes déplacées et rechercher des solutions politiques durables.

Dans cette perspective, le parti préconise un dialogue « élargi », qui ne serait pas limité aux dirigeants politiques de Kinshasa, mais associerait les provinces, les territoires, les communautés, les organisations professionnelles, les universitaires, les acteurs économiques et la société civile.

L’objectif serait de déboucher sur un Pacte de refondation de l’État. Le projet de quatrième République défendu par Le Centre repose sur quatre principes : « méritocratie, responsabilité politique, contre-pouvoir autonome et décentralisation effective ».

Sur le plan de la défense, le parti propose également une refondation de l’armée congolaise. Il préconise notamment l’adoption d’une loi de programmation militaire sur dix ans, un financement durable de la défense, le renforcement du renseignement, une meilleure administration des militaires, l’amélioration de la logistique, la lutte contre la corruption au sein de l’appareil militaire ainsi que le renforcement du statut social des soldats et de leurs familles.

Le Centre défend par ailleurs le principe d’une reprise progressive par l’État du monopole de la défense nationale.

Concernant les Wazalendo, le parti préconise un processus d’identification, de vérification, de désarmement et, lorsque les conditions sont réunies, d’intégration ou de réinsertion.

Prince Mayiro