De violents affrontements ont opposé, tôt dans la matinée du mardi 20 octobre 2026, les rebelles du Front pour la Reconstruction de la Nation (FRN, ex-M23) aux combattants de la coalition FARDC-Wazalendo dans la plaine de la Ruzizi, territoire d'Uvira, au Sud-Kivu.
Selon des sources locales, les combats se sont particulièrement concentrés sur l'axe montagneux situé au Nord-ouest de Katogota, notamment dans les villages de Muhungu, Birayi, Ndagereka et Matale, dans le groupement d'Itara-Luvungi.
Des tirs nourris d'armes lourdes et légères, perceptibles jusque dans plusieurs localités de la plaine, ont semé la panique parmi les habitants. Craignant de se retrouver pris au piège entre les belligérants, plusieurs centaines de familles ont abandonné précipitamment leurs villages pour se mettre à l'abri.
La psychose s'est rapidement propagée dans les villages voisins de Munanira, Lubarika, Rupango et Bwigala, où les activités socio-économiques ont été fortement perturbées. Des habitants contactés sur place rapportent un net ralentissement des mouvements et des échanges dans plusieurs localités de la plaine de la Ruzizi.
Par mesure de sécurité, plusieurs établissements scolaires situés à Lubarika, Luvungi et même à Kamanyola ont renvoyé leurs élèves à domicile. Pourtant éloignée de plus de 15 kilomètres de la ligne de front, la cité de Kamanyola n'a pas échappé à l'inquiétude suscitée par la reprise des hostilités.
Sur l'axe routier Kamanyola-Katogota, des cultivateurs qui se rendaient dans leurs champs ont été contraints de rebrousser chemin face à la détérioration de la situation sécuritaire. En revanche, le trafic routier entre Bukavu et Uvira est resté opérationnel, selon plusieurs voyageurs empruntant cet itinéraire.
Ces nouveaux combats surviennent alors que la région demeure sous tension depuis plusieurs jours. Depuis plus d'une semaine, des affrontements sont régulièrement signalés dans les zones de Kaziba et de Miti Mbili, sur le même théâtre d'opérations.
Jusqu'à présent, aucun bilan officiel des pertes humaines ou matérielles n'a été communiqué. Les autorités militaires ne se sont pas encore exprimées sur l'évolution de la situation.
Par ailleurs, des sources locales rappellent que dans la nuit de dimanche à lundi, des drones ont été aperçus survolant plusieurs collines de la chefferie de Kaziba, alimentant davantage les inquiétudes des populations civiles.
Face à cette escalade sécuritaire, les organisations humanitaires suivent avec préoccupation l'évolution des combats, craignant un nouvel afflux de déplacés dans la plaine de la Ruzizi, déjà confrontée à une forte pression humanitaire. À Kaziba, plusieurs villages restent encore largement désertés, tandis que les activités économiques et sociales continuent d'être fortement perturbées, alertent des défenseurs des droits humains.
Alphonse Muderwa