L’opposant Jean-Marc Kabund se dit déçu par les propos tenus par le président de la République, Félix Tshisekedi, devant la diaspora congolaise vivant en Russie, en marge du sommet Russie-Afrique.
Le chef de l’État a accusé, sans le citer nommément, Prince Epenge d’avoir propagé des mensonges au sujet de la mort de son collaborateur Manassé Lomboto. Selon lui, l’opposant devrait justifier ses allégations faisant état du décès de ce dernier à la suite d’une agression attribuée à des membres présumés de la Force du progrès.
Dans une réaction publiée ce dimanche sur X, Jean-Marc Kabund redoute que le chef de l’État soit victime d’une « grave entreprise de désinformation orchestrée par certains de ses collaborateurs, qui semblent déterminés à vous convaincre qu’aucune personne n’a perdu la vie lors de la manifestation concernée ».
Pour l’ancien premier vice-président de l’Assemblée nationale, le président de la République devrait être le premier garant de l’indépendance de la justice.
« C’est précisément cette version des faits, manifestement éloignée de la réalité vécue sur le terrain, qui risque aujourd’hui de compromettre davantage l’exercice serein de la justice. En vous exprimant publiquement sur une affaire qui relève désormais de l’appréciation des juges, vous prenez le risque de transformer vos déclarations en une véritable injonction politique adressée aux magistrats chargés d’instruire le dossier », a-t-il écrit.
Le président du parti Alliance pour le changement (A.Ch) affirme, par ailleurs, avoir personnellement vu Manassé Lomboto participer à la dernière marche de la coalition C64, quelques minutes avant l’attaque à la machette dont il aurait été victime. Il se dit disposé à apporter ce témoignage devant les instances judiciaires compétentes.
« Je voudrais enfin vous rappeler un fait dont je suis personnellement témoin : j’ai vu de mes propres yeux Manacé Lomboto participer à cette marche. Je l’ai aperçu quelques minutes seulement avant l’attaque à la machette dont nous avons été victimes devant le siège de l’UDPS, votre propre parti politique. Je suis disposé à apporter ce témoignage devant les instances judiciaires compétentes. La vérité ne devrait faire peur à personne, et encore moins à ceux qui prétendent gouverner au nom de l’État de droit », a-t-il souligné.
Et d’ajouter : « Monsieur le Président, même si vos déclarations faites depuis la Russie donnent le sentiment que le sort judiciaire de Prince Epenge est déjà décidé au sommet de l’État, je tiens à vous rappeler une exigence fondamentale : ce sont les faits et le droit qui doivent déterminer l’issue d’un procès, jamais les convictions ou les déclarations du pouvoir politique ».
Manassé Lomboto est décédé après la marche organisée le 15 septembre par la coalition C64. L’opposition attribue son décès à une attaque à la machette, tandis que le parti au pouvoir rejette ces accusations. À ce jour, les conclusions des enquêtes sur les circonstances de sa mort n’ont pas encore été rendues publiques.
Prince Mayiro