Les Evêques membres de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) mettent la main à la pâte en vue de débloquer le processus du Dialogue en République démocratique du
Congo. La tenue de ce Dialogue achoppe sur deux points majeurs avant d’avoir commencé. Il s’agit d’abord de la récusation du Facilitateur par le Rassemblement des forces politiques acquises au changement. Ledit Facilitateur est pourtant soutenu par la Majorité. Ensuite des mesures dites d’apaisement : libération des prisonniers, politiques, fin des poursuites contre des opposants comme Moïse Katumbi, réouverture des médias fermés par le gouvernement …
En ce qui concerne sa récusation, l’ancien Premier ministre togolais n’y est pas allé par le dos de la cuillère. A l’issue de sa rencontre avec les prélats catholiques, il a réaffirmé: ‘‘ Je ne vais pas démissionner et je n’en ai pas l’intention. Ceux qui m’ont mandaté m’ont renouvelé leur confiance et je reçois tous les jours de larges tranches de la société civile, et même des partis politiques, des corps diplomatiques, qui viennent me renouveler leur confiance. Donc, je n’ai pas l’intention de démissionner ».
Cette rencontre avec le Facilitateur Edem Kodjo mercredi 10 août dernier est intervenue après les premiers contacts des Evêques avec une délégation du G7. Hier jeudi 11 août, ils se sont entretenus avec la Majorité et les autres composantes du Rassemblement, à savoir l’UDPS et la Dynamique de l’Opposition.
Il sied de rappeler que les Pères de l’Eglise catholique avaient promis leur sollicitude pastorale au Facilitateur pour la tenue effective du Dialogue. C’est ce qu’a rappelé l’abbé Santedi, le Secrétaire général de la Cenco à l’issue de l’entrevue avec Edem Kodjo qui s’est dit par ailleurs reconnaissant de l’assistance de l’Eglise catholique.
Les Evêques ont échangé, de manière séparée, avec les délégués de la Majorité présidentielle et ceux de l’Opposition représentée par Tshisekedi. Les Evêques, dans leur rôle de sapeurs pompiers, veulent éviter que le feu n’embrase tout le pays.
Raison pour laquelle les prélats s’investissent dans cette entreprise en vue de rapprocher les différents protagonistes pour baliser le chemin du Dialogue qui garantirait un processus électoral crédible et apaisé. Ils demeurent, cependant, confiants de réussir leur mission même si elle semble difficile au regard des calculs politiques des uns et des autres.
Avec le sénateur Léonard She Okitundu dans la matinée d’hier jeudi, le débat a tourné autour de la liste des prisonniers politiques. A ce sujet, She Okitundu a lâché : «Cette liste se trouve sur la table du Chef dé l’Etat, qui l’examine cas par cas». “Ce n’est pas tout le monde qui bénéficiera de la grâce présidentielle”, a précisé l’émissaire de la MP. L’après-midi d’hier était réservé à la délégation du Rassemblement de l’Opposition.
Le plus important, a rappelé l’abbé Léonard Santedi, c’est de ramener les deux camps à discuter et lever les obstacles ensemble pour la réussite du Dialogue et des élections à venir. L’Eglise catholique nourrit des craintes de voir le pays basculer dans la violence, si ces divergences perdurent.
Lors de la rencontre d’hier matin avec la délégation de la Majorité conduite par le sénateur She Okitundu, ce dernier a insisté: “La liste des prisonniers politiques est déjà sur la table du président de la République pour une analyse minutieuse, cas par cas “. Pour la simple raison que ce n’est pas tout le monde qui bénéficiera de cette grâce.
Par LP