RDC - Kibali organise un forum environnemental de haut niveau sur la conformité de ses activités obligations environnementales et standards internationaux

Publié ven 21/02/2020 - 08:42
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C'est une première ! À l'initiative de la société aurifère Kibali,  un forum environnemental de haut niveau regroupant tous les acteurs se déroule du 20 au 22 à l'hôtel Memling de Kinshasa.

Kibali a convié notamment le gouvernement, les parlementaires (députés et sénateurs), la société civile,  la presse,  l'administration du ministère des mines, l'administration du ministère de l'environnement,  les services et agences spécialisés en environnement, les bureaux d'études environnementales et les spécialistes en environnement (professeurs d'université), pour échanger sur la conformité de ses activités aux obligations environnementales et aux standards internationaux en la matière.

Dans sa communication, le directeur général Cyrille Mutombo, après avoir présenté de manière générale Kibali est revenu sur les aspects environnementaux de sa société.

Les risques environnementaux

Il a affirmé que sa société respecte les plus hauts standards internationaux en matière environnementale avant d'énumérer les risques environnementaux 
significatifs de l'exploitation industrielle de l'or. Il s'agit de :

1. La gestion des déchets de l’usine métallurgique vers les digues de rétention

2. Les hydrocarbures et les risques de déversement ou contamination de 
l’environnement,

3. Les décharges acceptables des eaux opérationnelles: exhaure des mines, 
surplus d’eau de pluie dans les digues de rétention, les fuites des ouvrages de 
traitement de l’usine, les eaux sales de ruissellement naturel, etc.

4. Les risques de drainage acide minier à partir des depôts de minerais stériles
contenant du soufre et autres métaux lourds dans leur composition,

5. La gestion des déchets domestiques et leur traitement final,

6.La gestion de la poussière des opérations minières et les émissions de fumées,

7. Les nuisances de bruits et les vibrations des machines dans les seuils requis.

Dans son développement,  le DG de Kibali etait complété par le responsable de l'environnement de Kibali.

Les étapes à suivre pour la gestion de l'environnement

D'après lui,  les risques environnementaux étant connus, Kibali avait procédé à une étude d'impact environnemental (EIE) pour en mesurer les effets afin de les atténuer au maximum.

L'EIE est préalable à l'exploitation. Elle est faite au début de la phase d’exploration.
Elle est soumise au 
ministère des mines via le Département de l'environnement minier (DPEM).

L'EIE de Kibali a été faite avec l’expertise d’un bureau d’étude environnemental
Sud-Africain – DigbyWells Environmental.
La traduction de l'étude de l'anglais au français et sa soumission ont été faites par un bureau d’études
Congolais - EMCS.
Tous les 5 ans, cette étude est actualisée. À part son actualisation, Kibali la vulgarise aussi auprès de la population.

Après l'étude d'impact environnemental vient le plan de gestion environnementale

Après l'etude d'impact, Kibali a fait un plan de gestion de l'impact environnemental (PGEP). Le PGEP doit être aussi approuvé par le ministère des mines. Il accompagne nécessairement l'EIE.

Le PGEP reprend les engagements techniques que la mine mettra en place pour minimiser le plus possible 
les dommages environnementaux.

Et chaque année, Kibali par le canal d’un bureau d’étude environnemental agrée au ministère des mines dépose un rapport annuel au ministère qui contient les réalisations d’activités minières et aussi les progrès dans les actions 
environnementales reprises dans le PGEP .

A qui sont destinés les rapports ?

C'est le ministère des mines qui réceptionne les 2 rapports. Il a 3 mois pour les valider. S'il ne sont pas validés,  il est demandé à l'opérateur minier d’amender le rapport ou de fournir des éléments supplémentaires en conformité au plan de gestion environnementale approuvé.

Quid des audits

À côté de ce dispositif,  des audits légales sont faits tous les 2 ans par des bureaux d'audit agréés par le ministère des mines. Pour Kibali,  c'est EMCS qui s'en occupe. 
Cet audit se réfère aux canevas des règlements miniers en vigueur et une
liste des éléments en conformité et en non-conformité est dégagée.
 
La mine dresse alors un plan correctif de toutes les déviations légales
partielles mais aussi de toutes les déviations de l’un ou l’autre article de la législation en vigueur.

Le ministère des mines les reçoit. Néanmoins, il reste à confirmer si les 
inspecteurs directs de la DPEM peuvent venir vérifier les dispositions des corrections apportées dans les opérations minières après les rémarques de l'audit.

Avec le nouveau code minier et son règlement minier, il y a un conflit de compétences entre la DPEM et l'agence congolaise de l'environnement.
Les deux structures,  la première dépendant du ministère des mines et la seconde du ministère de l'environnement,  n'arrivent pas à s'accorder pour faire les inspections.

Pour rappel,  Kibali est un JV entre Barrick Gold (45%), Anglo Gold Ashanti (45%) et l'opérateur public Sokimo (10%).
La société aurifère produit près de 800.000 onces par an dans le Haut Uele en RDC.
Kibali est un investissement de plus de 2.9 milliards de dollars américains. La mine est entrée en production en 2013.