Procès François Beya : Les administrateurs du CNS et de l'ANR exercent des pressions sur les magistrats pour orienter l'instruction (Collectif Free F. Beya) 

Droits tiers

Le collectif « Free François Beya François », une association regroupant des défenseurs des droits humains, accuse les  administrateurs du Conseil National de Sécurité (CNS) et de l'Agence Nationale des Renseignements (ANR) de s'immiscer dans le procès de l'ancien conseiller spécial du président Tshisekedi en matière de sécurité, en exerçant des pressions sur les magistrats et le ministère public pour orienter l'instruction judiciaire à leur convenance. 

Dans une déclaration lue devant la presse ce mercredi 13 juillet 2022 à Kinshasa, Jean-Pierre Mulumba, membre de cette structure, salue l'option levée par les avocats de la défense récusant la composition des juges de la Haute Cour Militaire qui statue sur cette affaire pour absence d'impartialité. 

« À cet égard, le collectif tient à dénoncer l'ingérence manifeste du Conseil National de Sécurité et de l'Agence Nationale des Renseignements ainsi que des pressions que leurs administrateurs respectifs imposent aux magistrats et au ministère public en vue d'orienter l'instruction judiciaire du dossier à leur convenance. Cette dérive autocratique est d'autant plus incompréhensible sous un régime qui prétend pourtant avoir engagé la République démocratique du Congo sur la voie de l'État de droit, se retrouve actuellement aux antipodes du principe sacro-saint de la séparation des pouvoirs », a-t-il fait savoir. 

S'exprimant sur le refus à maintes reprises d'accorder la liberté provisoire à F. Beya en dépit de la détérioration de son état de santé, ce collectif déplore « cette mauvaise utilisation de la justice à des fins de règlement de compte sur injonction de l'administrateur de l'ANR, Jean-Hervé Mbelu, du conseiller spécial du chef de l'État en matière de sécurité intérimaire,Jean-Claude Bukasa, et d'un certain nombre de proches du président Tshisekedi ». 

Pour cette association, cette réalité prouve à suffisance que c'est une parodie de justice téléguidée depuis le sommet de la présidence de la République en passant par les services de sécurité au mépris de la Constitution et des lois du pays. 

« À cet égard, le collectif tient à vivement déplorer que des moyens publics soient ainsi gaspillés dans l'unique but de détruire François Beya Kasonga dont le seul péché est d'être un collaborateur expérimenté et loyal de la République qu'il a servie sans discontinuer sous les régimes précédents et l'actuel et dont le crime est d'avoir fait la lumière sur un conflit minier impliquant un certain nombre des proches du chef de l'État », a indiqué J-P Mulumba. 

En vue d'obtenir gain de cause dans leurs revendications, le collectif « Free François Beya François » invite toutes les ONG nationales et internationales (Amnesty International, Human Rights Watch ou l'Organisation mondiale contre la torture) de se saisir de ce dossier pour encourager les autorités congolaises à garantir un procès équitable à F. Beya et consorts qui sont « des prisonniers politiques du régime en place ». Il réitère sa demande au président de la République de mettre fin aux violations des droits et libertés de F. Beya et consorts. 

Entre-temps, cette association annonce une série d'actions de terrain dans le but d'exiger la libération immédiate et sans condition de ces prévenus « détenus arbitrairement au vu de l'instrumentalisation de la justice ». 

Lors de l'audience tenue mardi dernier, les avocats de la défense se sont retirés et ont récusé la composition des juges de la Haute Cour Militaire. 

F. Beya et ses coaccusés sont poursuivis pour « complot contre la personne du chef de l'État, injures et incitation des militaires à commettre des actes contraires au devoir et à la discipline ». Ils sont détenus à la prison centrale de Makala. 

Merveil Molo