Butembo : Une vingtaine de journalistes formés par le club RFI sur l’interprétation des innovations de la nouvelle loi électorale en faveur de la femme

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Le Club RFI a organisé un atelier de formation à l’attention d’une vingtaine de journalistes de Butembo (Nord-Kivu) de lundi au mercredi 23 novembre 2022. La matière a porté essentiellement sur l’interprétation des articles de la nouvelle loi électorale en faveur de la femme.

Ladite séance de formation a connu trois thèmes avec, tous, un accent sur la promotion de la femme en période électorale. L’une de matières traitées a été l’interprétation des innovations qu’il y a dans la nouvelle loi électorale de la République démocratique du Congo.

D’après Maître Emmanuel Kateri, enseignant en faculté de Droit à l’Université catholique du Graben (UCG), il est « important que les journalistes soient mis au point aux innovations contenues dans la nouvelle loi électorale ». C’est pour qu’ils aient de notions d’interprétation de certains articles de celle-ci lors de la couverture médiatique en rapport avec les échéances électorales prévues d’ici 2023.

Au deuxième jour de l’atelier, l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC) a rappelé aux journalistes leur rôle à jouer en période électorale.

Le président de cette corporation en ville de Butembo, Rashid Amuri Kasongo, a insisté sur les valeurs de paix, de démocratie, de liberté, de droits humains voire de solidarité qui doivent caractériser les journalistes lors de l’exercice de leur métier en période électorale.

« Nous avons d'abord, avant de parler du rôle des journalistes, commencer par faire comprendre au journaliste sa mission dans la société. Voilà pourquoi nous avons commencé par rappeler certaines valeurs que le journaliste doit défendre dans l'exercice de son métier. Et parmi ces valeurs, il y a les valeurs autour de la paix, la promotion des droits de l'homme, de l'enfant, la promotion des droits de la femme, l'éducation, la solidarité mais aussi autour de la démocratie. C'est au sujet des valeurs démocratiques que nous avons axé notre thème lorsque nous avons maintenant parlé du rôle du journaliste. Avant que ce dernier n'ait des devoirs et des droits dans l'exercice de son métier, il était d'abord important de rappeler certaines petites notions sur le processus électoral. Nous avons dit que le journaliste c'est un acteur social qui exerce son métier dans l'indépendance en faisant la promotion de la diversité d'opinions. Il doit être celui qui donne la parole à tout le monde. Et en période électorale, il joue un rôle capital parce que non seulement il doit donner la parole à tous les compétiteurs des urnes, mais il doit veiller à ce qu'il couvre toutes les étapes du processus électoral », a-t-il déclaré.

L’égalité « Homme-Femme » a également fait l’objet des matières traitées, au dernier jour de l’atelier de formation. Cette thématique a été abordé par le professeur d’Universités, Augustin Muhesi.

« J'ai voulu montrer comment l'accès aux instances décisionnelles, l'égalité Homme - Femme sont mises en épreuve par une série de facteurs socioculturels, politiques. Lesquels font que cet idéal d'égalité Homme - Femme reste sans beaucoup d'avancées, même s'il faut reconnaître qu'il y a des actions qui sont prises dans différents domaines comme celui de la Justice. Il y a une loi sur la parité qui vient conforter ce qui est dit dans plusieurs conventions internationales. Les professionnels des médias ont un grand rôle à jouer parce que lorsque lorsqu'on fait l'évaluation de cette question-là, on se rend compte qu'il y a un problème de sensibilisation. Or, qui dit sensibilisation, en appelle donc aux professionnels des médias qui utilisent différents médias pour diffuser les messages. Voilà pourquoi j'ai souhaité qu'à l'issue de ma communication, tous les participants puissent intégrer la question de sensibilisation sur l'égalité Homme - Femme (…) », a-t-il insisté.

Le satisfecit des participants

Les participants à cette formation, une vingtaine de journalistes, s’estiment à la hauteur d’exercer leur métier en tenant compte des notions apprises. Le cas de Didy Vitava, éditeur à WWW.RTPA.CD (un site d'information d’une radio évangélique locale : ndlr). Il promet de miser sur la « neutralité et la responsabilité » lors de la couverture médiatique de l’avant, pendant et l’après élections en RDC.

« Nous n'aurons autre chose que notre éthique et déontologie parce qu'on nous a montré qu'il y a une pression qui puisse venir des gouvernants, des responsables de nos médias et même des candidats. Mais nous sommes tenus par la neutralité. Nous allons nous rassurer que pendant la campagne, nous sommes tenus par la neutralité et la responsabilité face à certaines situations qui peuvent se produire pendant la campagne électorale. Donc, en commençant par les candidats qui soient les plus hostiles au pouvoir en place jusqu'au dernier, nous allons leur accordé la parole. Nous allons faire à tel point que la communauté soit au courant de tous les plans de société de tous les candidats et nous rassurer que nous avons été là pour éclairer la population en tant qu'église au milieu du village », a-t-il martelé à 7SUR7.CD.

Il convient de préciser par ailleurs que la tenue de cet atelier de formation rendre dans le cadre du projet qu’exécute le Club RFI RDC/Asbl dénommé « Nasema kwa Uhuru ». Il a comme visé : la promotion de la femme et l’indépendance des médias dans un contexte préélectoral.

Joël Kaseso, à Butembo