Colloque sur la digitalisation de la RDC : « En 3 ans, le taux de pénétration de la téléphonie mobile est passé de 44% à 52% », (Ministre des PTNTIC)

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Le campus de l'Université Protestante au Congo (UPC) accueille depuis ce jeudi 24 novembre 2022, un colloque axé autour du thème : « Digitalisation et développement de la RDC : Défis et perspectives ». 

Organisé par le Centre de Recherche Interdisciplinaire en Développement : Économie, Santé et Société (CRIDESS) de l'UPC, ce colloque enregistre la participation des praticiens, des enseignants-chercheurs d’ici et d’ailleurs ainsi que des décideurs du pays. 

Plusieurs objectifs majeurs sont poursuivis à travers la tenue de cet événement scientifique. Il s'agit notamment de diffuser les résultats des recherches effectuées par différents chercheurs sur la question de la digitalisation, d'approfondir des réflexions sur la contribution du numérique au développement de la RDC ainsi que de proposer des pistes de solution efficaces pour le succès de la transformation digitale.

Lors de cette première journée, 3 conférences inaugurales ont été suivies. 

S'exprimant sur les conditions préalables à la diffusion du numérique, le ministre des PTNTIC, Augustin Kibassa Maliba, a mis en exergue les efforts du gouvernement pour faire du numérique un levier de développement. 

« Il y a trois ans le taux de pénétration de la téléphonie mobile était à 44%, nous sommes à 52% aujourd'hui. Le taux d'usage d'internet était à 18%, nous sommes à 26% aujourd'hui. Nous sommes conscients du fait qu'on doit faire davantage mais le plus important aujourd'hui, c'est de se dire nous sommes en train d'avancer, nous sommes en train d'aller dans la bonne direction et nous devons continuer de cette manière là », a-t-il expliqué. 

Le ministre des PTNTIC a insisté sur l’apprentissage du numérique de l’école primaire jusqu'à l'université. 

« On peut avoir de très bonnes infrastructures, on peut avoir les contenus mais si nous n'avons pas de personnes dédiées à cette question, ça pose problème. C'est ainsi que nous pensons que la formation est très importante. Aujourd'hui, nous travaillons avec les ministères de l'EPST, de la formation professionnelle, de la  recherches scientifique et bien d'autres pour arriver justement à faire en sorte que tous les efforts que le gouvernement est en train de faire puissent trouver preneurs et que globalement nous puissions vraiment profiter de cette dynamique que nous sommes entrain de mettre en place pour faire un bond vers le futur », a indiqué A. Kibassa. 

Le directeur de cabinet du ministre du Numérique, Noël Litanga, s'est penché sur la vision et la politique gouvernementales en cette matière. Dans son exposé, il est revenu sur l’adoption du projet de loi sur le code numérique considéré comme la plus grande réalisation de son ministère. Il a argué que le gouvernement peaufine des stratégies pour impliquer tous les Congolais dans le processus de la digitalisation du pays. 

« Nous ne devons pas être les consommateurs des solutions qui viennent d'ailleurs. Nous exhortons la jeunesse à créer et à développer les solutions qui viennent répondre de manière spécifique à nos besoins parce que nos réalités ne sont pas celles des autres. Il va falloir aussi que notre économie numérique soit pilotée par les acteurs congolais. Nous avons besoin des data analystes. Il y a toute une série des métiers pour lesquels l'éclosion du numérique nécessitera des ressources humaines. Nous devons être déjà prêts. Les économies de demain seront les économies basées sur l'information. Faisons en sorte que nos données stratégiques soient maîtrisées, protégées et monétisées de manière à nous apporter de la valeur », a-t-il signifié tout en soulignant que le numérique est l'un des moyens efficaces pour lutter contre le coulage des recettes en favorisant l'inclusion financière. 

S'appuyant sur la théorie des coûts de transaction, Dédé Aliango Marachto, directrice du CRIDESS et professeure à la faculté d'administration des affaires et sciences économiques de l'UPC, a évoqué la quintessence du numérique dans le développement économique au sein d'une organisation.

Ces travaux se clôturent ce vendredi. Ils permettent aux participants d'avoir une vision assez globale de la question de la digitalisation, des facteurs limitant cette dynamique et de son apport actuel et potentiel au développement de la RDC. 

Des pistes de solution efficaces découlant des échanges avec les principaux acteurs de terrain seront identifiées et un rapport final sera produit avec des recommandations pertinentes pour faire du numérique un véritable vecteur du développement de la RDC.

Les axes de réflexion tournent autour des thématiques suivantes : 

- La digitalisation et l'inclusion financière ;

- La digitalisation et défis juridiques ;

- La digitalisation et la santé ;

- Les conditions technologiques préalables au numérique ;

- La digitalisation et le développement socio-économique.

Merveil Molo