2025, ANNÉE DE L’ÉPREUVE : LE MOMENT TSHISEKEDI
L’année 2025 restera, pour la République démocratique du Congo, l’une des plus éprouvantes de son histoire récente, en particulier sur le plan sécuritaire. Elle a mis à nu nos vulnérabilités structurelles, testé la robustesse de nos institutions républicaines et éprouvé, jusqu’à ses limites, la résilience de la Nation congolaise.
Dès le mois de février, le pays a été frappé par un choc majeur : la chute de Goma. Ville emblématique, vitrine stratégique de l’Est du pays, symbole d’un ordre relatif et d’un dynamisme urbain singulier, Goma est tombée sous l’occupation des troupes rwandaises . Le bilan humain fut effroyable : des milliers de morts, des scènes de carnage en pleine ville, une population durablement traumatisée. L’émotion fut nationale, l’indignation internationale réelle, mais, comme souvent, l’attention du monde s’est rapidement dissipée, laissant place à une forme d’accoutumance tragique.
Dix jours plus tard, Bukavu, ville sœur de Goma, subissait à son tour la pression de l’agression. La progression des forces étrangères semblait inexorable. Dans certaines capitales, on spéculait déjà sur un effondrement imminent du pouvoir central à Kinshasa. À l’intérieur du pays, la peur s’installait : évacuations de familles, ruée vers les ambassades, discours alarmistes annonçant la fin du régime. La guerre psychologique, arme classique des conflits asymétriques, produisait pleinement ses effets.
C’est dans ce climat de doute généralisé que nous avions pris position publiquement, en affirmant, à contre-courant du discours dominant, que le président de la République ne tomberait pas, et que 2025 ne serait pas 1996. Notre analyse reposait sur une lecture rationnelle des rapports de force : le Rwanda, malgré son activisme militaire, ne disposait ni des effectifs, ni des capacités logistiques, ni surtout de la légitimité internationale nécessaires pour marcher sur Kinshasa et contrôler durablement un État-continent comme la RDC. Son objectif réel demeurait l’occupation de l’Est et la poursuite méthodique du pillage de nos ressources stratégiques. (in tribune libre 77 du 20/02/2025)
Les faits, avec le recul, nous ont donné raison.
Face à l’adversité, le Chef de l’État a opéré un choix stratégique déterminant : refuser toute négociation politique avec les supplétifs de l’agression, préserver la ligne de la souveraineté nationale et maintenir le cap, malgré les pressions. Sur le terrain, les Forces armées de la RDC, appuyées par les patriotes Wazalendo, ont progressivement contenu l’ennemi, fissuré le mythe de son invincibilité et restauré la confiance collective.
Sur le plan diplomatique, la riposte a été tout aussi décisive. Sous l’impulsion du président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, la RDC a repris l’initiative stratégique. Les condamnations internationales se sont multipliées, certaines sanctions ont été adoptées, et, fait politique majeur, le Rwanda a été cité nommément au Conseil de sécurité des Nations unies comme agresseur de la République démocratique du Congo. L’adoption à l’unanimité de la résolution 2797 a marqué un tournant à la fois symbolique et opérationnel dans la gestion internationale de cette crise.
Ce résultat est le produit d’un effort associant :
• une diplomatie offensive et structurée du Chef de l’ État,
• l’engagement des forces de défense et de sécurité,
• l’appui des partenaires régionaux et internationaux,
• le rôle de la SADC et de l’Union africaine,
• et l’implication décisive des États-Unis, qui ont parrainé l’accord de paix entre la RDC et le Rwanda.
Dans le prolongement de cette dynamique, l’accord stratégique sur les minerais critiques entre la RDC et les États-Unis, signé début décembre, a renforcé la centralité géopolitique de notre pays. Il a confirmé une vérité souvent négligée : la souveraineté ne se défend pas uniquement par la force militaire, mais aussi par une diplomatie intelligente et une insertion maîtrisée dans les chaînes de valeur mondiales.
À l’aube de 2026, les perspectives sont désormais lisibles : le retrait des troupes étrangères, la défaite annoncée du M23 et la nécessité, pour la RDC, de tirer pleinement parti de son siège au Conseil de sécurité afin d’obtenir le renforcement du mandat de la brigade d’intervention de la MONUSCO, sous le chapitre VII de la Charte des Nations unies, comme ce fut le cas en 2013 quand le M23 fut défait. Cette action devra viser l’ensemble des groupes armés, y compris les FDLR, trop souvent instrumentalisés pour justifier des incursions des troupes rwandaises.
Au regard de cette trajectoire, il faut le reconnaître avec objectivité : le président de la République, parfois sous-estimé au début de son mandat, a fait preuve de constance, de sang-froid et de sens stratégique dans l’une des périodes les plus critiques de notre histoire contemporaine.
Dire cela n’est ni flatter, ni céder à la complaisance, comme disent les mauvaises langues.C’est constater un fait politique.
Pour l’année 2025, marquée par la guerre, les menaces existentielles et le redressement progressif de la position de la RDC sur la scène internationale, le président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo s’impose comme L’HOMME DE L’ ANNÉE.
Quand, par patriotisme, alors que beaucoup croyaient tout perdu, nous affirmions qu’il ne tomberait pas, nous étions traités de naïfs.Quand aujourd’hui l’espoir renaît et que nous maintenons la même constance, certains y voient à tort une recherche de positionnement.Mauvaise lecture.
Tribune de Steve Mbikayi, président national du Parti Travailliste, et député national