Le groupe d’experts des Nations Unies a mis en évidence, dans son rapport mi-parcours publié ce mercredi, les difficultés liées à la mise en œuvre de l’accord de Washington, signé le 27 juin et entériné le 4 décembre 2025 par les présidents congolais Félix Tshisekedi et rwandais Paul Kagame, en présence du président américain Donald Trump.
Selon ce rapport, des « désaccords et des retards » compromettent l’application des mesures convenues, en raison d’interprétations divergentes entre Kinshasa et Kigali.
Les experts soulignent que la République démocratique du Congo et le Rwanda continuent d’interpréter différemment certaines dispositions essentielles de l’accord.
Deux points, d’après ce rapport, cristallisent particulièrement les tensions :
- La neutralisation des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), groupe armé hostile à Kigali ;
- Le retrait des éléments de la Force de défense rwandaise (FDR) du territoire congololais, exigé par Kinshasa.
Ces divergences, notamment sur l’ordre et la synchronisation des mesures prévues dans le concept général d’opérations (CONOPS), ont entraîné des retards significatifs dans la mise en œuvre.
En vertu de l’accord de Washington, les deux gouvernements s’étaient engagés à :
- Respecter mutuellement leur souveraineté et leur intégrité territoriale.
- Cesser les hostilités et toute incursion militaire.
- Mettre en œuvre le plan harmonisé de neutralisation des FDLR et de désengagement des forces.
- Faciliter le retour volontaire des réfugiés et des déplacés.
- Permettre à la MONUSCO de s’acquitter pleinement de son mandat.
Un mécanisme conjoint de coordination et un comité de surveillance avaient été mis en place. Un ordre opérationnel, signé le 18 septembre 2025, devait préciser les modalités et le calendrier de mise en œuvre. Toutefois, les retards accumulés compromettent désormais l’ensemble du processus.
Raphaël Kwazi