RDC : un mouvement citoyen interpelle la 1ère ministre sur l'insécurité dans l’Est et propose 5 pistes de solutions

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Des citoyens congolais réunis au sein du Mouvement citoyen national Congo (MNC) ont saisi vendredi la Première ministre pour dénoncer la dégradation persistante de la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo, en particulier dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri.

Dans cette correspondance consultée par 7SUR7.CD,  les signataires expriment leur « indignation » face à ce qu’ils qualifient de situation sécuritaire « alarmante », marquée par des massacres de civils, des enlèvements et des déplacements forcés de populations.

Selon les auteurs de la lettre, l’insécurité persistante engage directement la responsabilité des autorités nationales en charge de la défense et de la sécurité, ainsi que celle des gouverneurs militaires déployés dans le cadre de l’état de siège. Ils estiment que les institutions concernées n’ont pas réussi à assurer la protection minimale des citoyens, pourtant garantie par la Constitution.

La lettre évoque notamment l’expansion de zones contrôlées par les rebelles de l’AFC/M23, ainsi que la poursuite des attaques meurtrières attribuées aux ADF en particulier dans les territoires de Beni, Lubero, Mambasa et Irumu. Ces violences, soulignent les signataires, traduisent "une incapacité de l’État à défendre l’intégrité du territoire national".

La lettre dénonce par ailleurs une concentration jugée excessive des efforts militaires sur la lutte contre l’AFC/M23, au détriment d’autres groupes armés actifs dans la région. Une approche qualifiée de « sélective », qui reviendrait, selon les signataires, à hiérarchiser les vies des citoyens congolais.

Sur le plan humanitaire, les auteurs dressent un tableau sombre avec des milliers de déplacés vivant dans des conditions précaires, un accès limité à l’éducation et aux soins de santé, une recrudescence des violences sexuelles, notamment contre les femmes et les enfants.

Dans leurs recommandations, les signataires appellent notamment à l’annulation de l’état de siège au Nord-Kivu et en Ituri, au retour des autorités civiles, au remplacement du ministre de la Défense, à la délocalisation de l’état-major des FARDC vers la ville de Beni, ainsi qu’à une rotation plus régulière des unités militaires. Ils plaident également pour la suppression de certaines taxes dans les provinces affectées par les conflits, afin d’alléger la charge pesant sur les populations sinistrées.

Alphonse Muderwa