Le Palais du Peuple a servi de cadre à la cérémonie de clôture de la formation de 2 500 magistrats du deuxième lot nommés par le président de la République, Félix Tshisekedi.
C’est le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) qui a officiellement mis fin à ces assises, ce samedi 21 février à Kinshasa. La formation de ces 2 500 nouveaux magistrats de la promotion 2025 a été organisée simultanément sur deux sites : à Kinshasa et à Lubumbashi.
Cette nouvelle cohorte porte à près de 5 000 le nombre de magistrats recrutés et formés depuis l’avènement du chef de l’État, dans le cadre des efforts visant à renforcer l’appareil judiciaire congolais.
La cérémonie de clôture s’est déroulée en présence de plusieurs autorités judiciaires et gouvernementales, dont le secrétaire permanent du CSM, le ministre de la Justice et garde des Sceaux, ainsi que le président de la Cour constitutionnelle, également président du Conseil supérieur de la magistrature.
Appel à la rigueur et à l’intégrité
Dans son intervention, le secrétaire permanent du CSM a détaillé le déroulement de la formation, étalée sur trois mois, avant d’insister sur la responsabilité qui incombe désormais aux nouveaux magistrats.
« Cette séance a été un moment de souvenirs dans la vie de ces magistrats, caractérisé par leur déploiement progressif sur l’ensemble du territoire national. Cette fin de formation marque ainsi votre entrée dans un corps qui exige rigueur, intégrité et sens élevé du devoir. Vous êtes appelés à servir la justice avec impartialité et à contribuer au renforcement de l’État de droit », a-t-il déclaré.
Le ministre de la Justice et garde des Sceaux, Guyllaume Ngefa, a, pour sa part, souligné l’importance de cette nouvelle promotion dans la réforme du système judiciaire.
« À présent, vous êtes appelés à traduire ces enseignements en actes concrets. Le peuple congolais attend de vous une justice impartiale, accessible, humaine et crédible. Il appartient à des magistrats capables de dire le droit avec courage et d’appliquer la loi avec équité de faire triompher la vérité sans faiblesse ni compromission. L’intégration de ces magistrats s’inscrit dans la vision du gouvernement de rapprocher la justice des justiciables et de garantir un service judiciaire plus efficace et crédible à travers le pays », a-t-il affirmé.
Prenant également la parole, le président de la Cour constitutionnelle et du CSM, Dieudonné Kamuleta, a exhorté les nouveaux magistrats à incarner les valeurs fondamentales de leur profession.
« La justice repose sur votre engagement personnel. Vous devez faire preuve de probité, de courage et d’indépendance pour mériter la confiance du peuple congolais. Vous devez faire prévaloir la force de la loi et non la loi de la force », a-t-il indiqué.
Satisfaction au sein de la nouvelle promotion
Parmi les nouveaux magistrats, la satisfaction était perceptible. Agelani Radjabu, nouvelle magistrate ayant participé à la formation, a salué la qualité de l’encadrement reçu.
« Cette formation nous a permis de renforcer nos compétences, nos connaissances et de mieux comprendre les exigences de la magistrature. Elle nous prépare à assumer pleinement nos responsabilités. Bien que nous soyons tous passés par la faculté de droit, cette formation nous a permis de nous recycler, car nous intégrons un nouveau corps », a-t-elle confié.
Dans un second témoignage, elle a mis en avant la portée pratique des enseignements dispensés.
« Nous avons bénéficié d’une formation adaptée aux réalités du terrain. La mission de cette formation est de faire prévaloir la loi, et c’est également l’engagement que nous prenons. Cela nous permettra de rendre des décisions justes et de contribuer à améliorer l’image de la justice congolaise », a-t-elle ajouté.
Organisée simultanément à Kinshasa et à Lubumbashi, cette formation s’inscrit dans une dynamique de modernisation et de redynamisation du système judiciaire congolais. Avec près de 5 000 nouveaux magistrats intégrés depuis 2019, les autorités entendent réduire le déficit en personnel, améliorer le fonctionnement des juridictions et garantir un meilleur accès à la justice en République démocratique du Congo.
Sandrine Fundi