RDC : « Le Centre soutient l’avènement d’une quatrième République » (Germain Kambinga)

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Le mouvement politique Le Centre réitère son soutien au changement de l’actuelle constitution de la République démocratique du Congo. S’exprimant, ce vendredi, à Kinshasa, lors d’un café politique, son président a déclaré que Le Centre soutient l’avènement d’une quatrième République.

Germain Kambinga a rappelé que son mouvement politique défend cette position depuis 2017.

 

« Le Centre soutient l’avènement d’une quatrième République, position défendue depuis 2017. Ce débat n’est pas tabou, car en démocratie, les opinions sont destinées à s’affronter dans un esprit pacifique et civilisé. L’article 23 de notre constitution garantit la liberté d’expression. L’article 24 consacre la liberté d’information. Le débat constitutionnel est donc légitime », a-t-il laissé entendre.

 

 

Cependant, l’ancien ministre de l’Industrie a posé une condition pour y parvenir : que le peuple en décide.

 

« S’opposer au principe même du référendum, c’est contester l’un des mécanismes fondamentaux de la démocratie. Nous posons donc les questions suivantes : Doit-on continuer à déplorer l’organisation des élections ou réfléchir à une réforme du modèle électoral ? Doit-on continuer à dénoncer les faiblesses de la gouvernance sans adapter les règles constitutionnelles ? Doit-on parler d’indépendance de la justice sans repenser l’organisation du Conseil supérieur de la Magistrature
conformément à l’article 152 de la Constitution ? Doit-on rêver du développement des provinces sans renforcer l’application effective de la décentralisation prévue aux articles 3 et 175 de la Constitution ? Le peuple doit décider. Lui seul », a souligné le député national honoraire.

 

 

Par ailleurs, Germain Kambinga a réagi à la récente sortie médiatique de Joseph Kabila, ancien président de la République, qui a appelé au respect de l’ordre constitutionnel. Il a rappelé à l’ex-chef de l’État que lui-même a exercé le pouvoir au-delà des délais constitutionnels.

 

« On ne peut pas se présenter comme défenseur intransigeant del’ordre constitutionnel aujourd’hui, sans reconnaître un fait politique majeur : l’on a eu à exercer soi-même le pouvoir au-delà des délais prévus par la Constitution. Ce n’est ni une interprétation ni un jugement, c’est une réalité documentée et même consacrée dorénavant comme jurisprudence par un arrêt de la cour constitutionnelle ; le dernier mandat de l’ancien président de la République devait prendre fin en 2016, il est resté au pouvoir jusqu’en janvier 2019. Dès lors, sa posture actuelle de gardien absolu de la rectitude constitutionnelle souffre d’une contradiction évidente », a soutenu le président du mouvement politique Le Centre.


En République démocratique du Congo, le débat autour de la révision ou du changement de la constitution a refait surface. Certains caciques du pouvoir portent cette initiative, notamment André Mbata, secrétaire permanent de l’Union sacrée de la Nation, plateforme de soutien à la vision du chef de l’État.

Cependant, à l’opposition, l’on réfute toute idée de révision ou de changement de la constitution. Les opposants accusent le régime en place de vouloir s’éterniser au pouvoir après 2028, année de la fin du dernier mandat de Félix Tshisekedi.

Prince Mayiro