La ministre d’État chargée de l’Éducation nationale et de la Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu, a clôturé, samedi 16 mai 2026, un atelier de formation des formateurs centraux sur l’intégration du narratif Genocost dans les programmes scolaires en République démocratique du Congo.
Cette formation a réuni des inspecteurs de l’Éducation nationale ainsi que des cadres éducatifs, qui ont désormais pour mission de former les enseignants appelés à intégrer les notions liées au Genocost dans les enseignements et à animer des clubs d’éveil citoyen au sein des écoles.
Dans son allocution, Raïssa Malu a insisté sur la rigueur et la discipline dans la transmission de ces connaissances. Selon elle, l’objectif est de transformer la mémoire collective en un facteur d’unité nationale et de conscience citoyenne.
« Désormais, Mesdames et Messieurs, vous disposez des outils nécessaires pour intégrer ces notions dans les programmes scolaires et pour former les équipes pédagogiques. Votre mission est exigeante. Il vous revient d’accompagner les enseignants, de former les élèves et d’animer des clubs d’éveil citoyen afin de transformer la mémoire collective en un levier d’unité et non de division. Vous êtes les bâtisseurs d’une pédagogie de la conscience », a-t-elle martelé.
La ministre a également souligné que l’enseignement de l’histoire du Genocost constitue un acte de mémoire et de vérité. Elle estime qu’aucune nation ne peut se construire durablement sans une bonne connaissance de son histoire et sans esprit critique.
« Pendant huit jours, vous avez approfondi des sujets graves : la justice transitionnelle, le récit du génocide congolais et le plaidoyer pour sa reconnaissance. Ce travail dépasse le cadre d’un atelier. Il est un acte de mémoire et de vérité. Aucune nation ne peut se construire durablement en ignorant son histoire. Éduquer notre jeunesse, c’est lui transmettre les clés de nos blessures pour forger de véritables citoyens. Sans conscience historique ni esprit critique, il n’existe pas de sens élevé du devoir envers la patrie », a insisté la ministre.
Pour sa part, le coordonnateur de la Commission interinstitutionnelle d’aide aux victimes et d’appui aux réformes (CIAVAR) a salué cette initiative du ministère de l’Éducation nationale.
François Kakese a rappelé que l’école joue un rôle central dans la transmission des valeurs républicaines, de paix, de tolérance et de respect de la dignité humaine. Il a appelé les formateurs à accomplir leur mission avec responsabilité et discernement.
Les participants ont remercié le ministère de l’Éducation nationale, la CIAVAR et le FONAREV pour l’organisation de cette formation. Ils ont exprimé leur engagement à former efficacement les enseignants sur la question du Genocost.
Organisé durant six jours, l’atelier a porté sur trois principaux thèmes : la justice transitionnelle, le génocide et le narratif du Genocost. Les participants ont notamment étudié les cinq piliers de la justice transitionnelle ainsi que les facteurs à l’origine des violences de masse en RDC.
Les travaux ont également permis de rappeler que le concept de Genocost renvoie aux massacres et crimes de masse commis dans un contexte d’exploitation illégale des ressources naturelles en RDC.
À l’issue des échanges, les participants ont conclu que l’intégration du narratif Genocost dans les programmes scolaires vise non seulement la transmission de la mémoire collective, mais aussi la formation de citoyens conscients, critiques et attachés aux valeurs de paix, de justice et d’unité nationale.
ODN