ONAPAC : La bonne gouvernance ne peut prospérer en dehors de l’État de droit (Tribune)

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Alors que l’Office National des Produits Agricoles du Congo (ONAPAC) fait l’objet d’une intense agitation médiatique ces dernières semaines, il apparaît nécessaire de recentrer le débat sur les principes qui fondent toute gouvernance responsable : le respect des lois, des procédures et des institutions.

En tant que membre du Conseil d’Administration, je ne peux rester silencieux face aux nombreuses approximations, aux procès d’intention et aux méthodes qui tendent à fragiliser davantage notre établissement au moment même où celui-ci poursuit un processus de réforme et de redressement.

*La transparence ne saurait justifier la violation des règles*

La transparence, la redevabilité et le contrôle de la gestion publique constituent des impératifs auxquels nul ne peut se soustraire. Ces exigences découlent des principes mêmes de bonne gouvernance consacrés par notre Constitution et les lois régissant les établissements publics.

Cependant, la poursuite de ces objectifs ne peut se faire au mépris des textes qui organisent le fonctionnement de nos institutions. On ne peut prétendre défendre la légalité en s’affranchissant soi-même des procédures prévues par la loi.

Dans un État de droit, la fin ne justifie jamais les moyens. Le respect des mécanismes de contrôle, des voies hiérarchiques et des procédures internes demeure une obligation pour tous les acteurs de la gouvernance publique.

*Des méthodes préoccupantes au sein de l’organe délibérant*

Il existe des mécanismes clairement définis pour diligenter un audit, initier une mission de contrôle ou examiner des actes de gestion. Ces procédures ont été instituées précisément pour garantir l’objectivité, l’équité et la crédibilité des décisions prises par les organes compétents.

Or, force est de constater que certaines démarches récentes s’écartent de ce cadre légal. La circulation de documents internes en dehors des circuits autorisés, l’exploitation médiatique de questions relevant des instances de gouvernance et le recours à des canaux parallèles pour régler des différends institutionnels soulèvent de sérieuses interrogations.

Ces pratiques ne renforcent ni la transparence ni la crédibilité de l’ONAPAC. Elles risquent au contraire d’affaiblir l’institution et de détourner l’attention des véritables défis auxquels elle est confrontée.

*L’ONAPAC mérite mieux que les querelles de personnes*

Le Conseil d’Administration n’a pas vocation à devenir un espace d’affrontements personnels ou de rivalités d’intérêts. Sa mission est d’assurer l’orientation stratégique de l’établissement, de veiller à la bonne exécution de ses missions et d’accompagner les efforts de modernisation entrepris dans l’intérêt général.

Les débats internes sont légitimes. Les divergences de vues également. Mais celles-ci doivent s’exprimer dans les cadres prévus à cet effet et dans le respect mutuel qui doit caractériser toute institution républicaine.

Les tentatives de déstabilisation, quelles qu’en soient les motivations, ne sauraient détourner l’ONAPAC de sa mission première : contribuer au développement des filières agricoles nationales, lutter contre les pratiques illicites qui pénalisent l’économie du pays et renforcer la compétitivité des produits agricoles congolais sur les marchés.

*Les réformes suscitent toujours des résistances*

L’histoire de toutes les grandes réformes démontre qu’aucun changement profond ne s’opère sans opposition. Lorsqu’il est question d’assainir des pratiques, de renforcer les contrôles ou de remettre de l’ordre dans certains secteurs, les résistances apparaissent inévitablement.

Cela ne signifie pas que toute critique soit illégitime. Mais il convient de distinguer les préoccupations sincères des manœuvres destinées à préserver des situations acquises ou des intérêts particuliers.

L’avenir de l’ONAPAC ne peut être construit sur la suspicion permanente. Il doit reposer sur le dialogue institutionnel, le respect des règles et la recherche constante de l’intérêt général.

*Un message de confiance aux agents et cadres de l’Office*

À l’ensemble des cadres et agents de l’ONAPAC, je voudrais adresser un message de sérénité et de confiance.

Les turbulences actuelles ne doivent pas détourner chacun de ses responsabilités. L’institution est plus grande que les individus qui la composent et sa mission demeure essentielle pour le développement agricole de notre pays.

Les progrès accomplis ces dernières années, malgré les nombreuses difficultés rencontrées, doivent encourager la poursuite des efforts engagés.

En ma qualité de membre du Conseil d’Administration, je réaffirme mon attachement au respect de la légalité, à la stabilité institutionnelle et à l’accompagnement loyal de toutes les initiatives conformes aux intérêts de l’ONAPAC et de la République.

La bonne gouvernance ne se construira ni dans l’agitation ni dans la confrontation permanente. Elle se construira dans le respect des lois, des institutions et des valeurs républicaines qui fondent notre vivre-ensemble.

Tribune de Rudhy Ilunga Meiresonne, administrateur à l’ONAPAC