RDC : L'accès à l'information publique facilite la gestion participative notamment des aires protégées et des parcs nationaux, (Pr. D Bahati)

Publié ven 25/09/2020 - 15:10
7SUR7

L'accès à l'information publique est essentiel pour la protection de l'environnement. Il est la clé essentielle du développement durable et de la participation efficace de la gouvernance.

Dans une interview accordée le jeudi 24 septembre 2020 à 7SUR7.CD, l'enseignant et chercheur Dieudonné Bahati de l'Université catholique de Bukavu a estimé que la gestion participative des aires protégées en RDC sera possible que si l'information publique est mise à la disposition des communautés. 

D'après lui, le manque de communication du gouvernement rend moins impliqués les communautés dans la conservation et la protection de l'environnement. 

Le pays possède 9 parcs nationaux et une soixantaine de domaines de la chasse et des réserves gérées par l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN). 

(Ci-dessous l'intégralité de l'interview) :

7SUR7.CD : Quelle est l'importance d'accéder à l'information publique sur l'environnement ?

DB : Si les gens accèdent à des informations environnementales, c'est une manière d'être sensibilisés. L'environnement a un impact sur la vie de l'homme. Il a droit à un environnement sain et adéquat . Si la communauté a un mauvais comportement qui impacte négativement la nature, l'homme subira des répercussions. Il est donc important que les autorités compétentes mettent à la disposition des publics des informations telles que la gestion des déchets plastiques, la pollution de l'environnement. En effet, comment mettre en œuvre correctement les principes de prévention, de précaution, de pollueur-payeur si toutes les informations pertinentes ne sont pas disponibles ? Même l'État en a besoin. 

7SUR7.CD : Quel danger courent les communautés sans accès à l'information publique sur les questions environnementales ? 

DB : Quand nous sommes ignorants sur toutes les questions de la vie, nous courons un grand danger. Et cela n'exclut les questions environnementales. Surtout, sur la gestion des déchets, les gens ne sont pas suffisamment informés. Alors que les plastiques sont parmi les éléments polluants majeurs. Pour exiger de compte à l'État, il faudrait qu'on ait les informations  de la politique du gouvernement sur l'environnement. 
Les organisations publiques qui œuvrant dans le domaine de l'environnement doivent renforcer leurs actions : campagnes, sensibilisation des communautés. 

7SUR7.CD : Quelles informations le pouvoir public ou les organisations privées doivent disponibiliser régulièrement pour les communautés dont la vie dépend des forêts par exemple ? 

DB : Les dirigeants doivent comprendre que la survie de certaines personnes dépend de la forêt : la cueillette, le bois de chauffe. Il est très capital que les informations sur la gestion durable de la forêt soient misent à leur disposition. Ils doivent être éduqués sur les méthodes de chasse,  reboisement, les conséquences de la déforestation. Les communautés doivent avoir à l'esprit des textes et pactes qui règlementent le secteur. 

7SUR7.CD : Sans l'information, est-il donc difficile d'œuvrer dans la conservation de la nature ?

DB : Ça sera impossible en matière de la conservation de la nature. L'accès à l'information publique facilite la gestion participative notamment des aires protégées et des parcs nationaux. Les communautés sont responsables des aires protégées quand elles ont l'information  suffisante. D'où, la necessité de communiquer et d'informer les communautés. 

Interview réalisée par Ange Makadi Ngoy

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