Processus de Washington et de Doha : Denis Mukwege dénonce une « annexion de fait » des provinces du Nord et du Sud-Kivu

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L'opposant Denis Mukwege estime que les processus diplomatiques de Washington et de Doha, initiés par les USA et le Qatar, sont en train « d’hypothéquer » l’avenir de la République démocratique du Congo.

Dans une déclaration ce samedi, il rappelle que depuis plus de 150 ans, l’histoire du Congo est façonnée par des puissances extérieures, souvent au mépris des aspirations de son peuple.  

« Les Congolaises et les Congolais continuent de payer un tribut humain insoutenable, tandis que les initiatives de paix se négocient loin d’eux, dans des capitales étrangères, sans transparence, sans inclusion et sans volonté réelle de s’attaquer aux causes profondes du conflit », a-t-il déclaré.  

Mukwege critique notamment l’accord-cadre de Doha, présenté comme une avancée mais dépourvu, selon lui, « de mécanismes contraignants, de calendrier précis et de garanties de mise en œuvre ». Sur huit protocoles prévus, seuls deux ont été signés – la libération des détenus et la surveillance du cessez-le-feu – alors que le M23 et l’Alliance Fleuve Congo (AFC) poursuivent leurs offensives, sapant la crédibilité du processus.  

Selon lui, ces initiatives souffrent d’un triple déficit :  

- Elles sont bilatérales, alors que la crise est régionale et implique aussi l’Ouganda et le Burundi.  

- Elles sont opaques, alors que le peuple congolais est épuisé par les manœuvres de l’ombre.  

- Elles sont contraires au droit international, car elles tendent à normaliser une agression armée plutôt qu’à y mettre fin.  

« Les victimes, les communautés locales et les véritables acteurs de paix sont ignorés », a-t-il ajouté.  

Le médecin souligne également que la signature de l’accord de Doha intervient alors que le Rwanda n’a pas retiré ses troupes du territoire congolais, en violation de la résolution 2773 du Conseil de sécurité de l’ONU. Il indique que les massacres, comme celui de 22 civils à Irhambi/Katana en novembre, illustrent la stratégie du « talk and fight » menée par le M23/AFC et leur parrain rwandais.  

Mukwege dénonce par ailleurs une « annexion de fait » des provinces du Nord et du Sud-Kivu, où le Rwanda « exerce une autorité illégale, en contradiction avec la Charte des Nations Unies et le droit des peuples à disposer de leurs richesses naturelles ».  

Le peuple congolais, affirme-t-il, se retrouve pris entre un gouvernement « irresponsable » et un Rwanda « stratège », qui instrumentalise la présence des FDLR pour justifier son emprise.  

Pour Mukwege, les accords de Washington et de Doha ne sont que des vitrines diplomatiques, fruits d’intérêts géostratégiques étrangers. Ils offrent, selon lui, l’illusion d’une avancée mais ne changent rien à la réalité de millions de Congolais « déracinés, affamés et privés de leurs droits fondamentaux ».  

Pour une paix « juste et durable », il plaide pour :  

- Des sanctions fortes de la communauté internationale.  

- Le retrait des forces étrangères et le démantèlement des administrations parallèles.  

- L’inclusion des populations locales dans toutes les initiatives de paix.  

- Une approche fondée sur la vérité, la justice et la responsabilité.  

Denis Mukwege soutient que les conditions d’une sortie de crise « juste et durable » ne sont pas réunies.  

Raphaël Kwazi

 

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