La RDC au Conseil de Sécurité : un acquis stratégique à consolider (Steve Mbikayi)

Image
Image

Je salue, avec une fierté lucide et responsable, le succès diplomatique que représente l’accession de la République démocratique du Congo au Conseil de sécurité des Nations unies en qualité de membre non permanent. Cette élection consacre une orientation diplomatique claire, portée par le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, et mise en œuvre par son gouvernement.

Il ne s’agit ni d’un symbole creux ni d’un automatisme institutionnel. Ce siège est le résultat d’un travail diplomatique structuré, d’une crédibilité progressivement restaurée et d’un positionnement assumé de la RDC comme acteur concerné et légitime des questions de paix et de sécurité internationales. Notre pays ne se contente plus d’être évoqué dans les enceintes multilatérales ; il y prend désormais part, avec responsabilité.

Dans un contexte régional marqué par des agressions, des tentatives de déstabilisation et des atteintes répétées à notre souveraineté, cette présence au Conseil de sécurité constitue un levier stratégique essentiel. Elle permet à la RDC de défendre ses intérêts vitaux là où se décident les mandats, les priorités et les équilibres qui conditionnent la stabilité régionale.

Il convient de le rappeler avec clarté : ce siège n’est pas un dû. Il consacre un consensus africain patiemment construit et une parole congolaise redevenue audible. Dans un environnement international compétitif, où les rapports de force priment souvent sur les discours, cette reconnaissance mérite d’être assumée et exploitée avec méthode.

Le Conseil de sécurité n’est pas une arène morale, mais un espace de décisions façonné par des intérêts, des équilibres et des contraintes. La RDC y entre sans illusion, consciente du droit de veto, des rivalités entre grandes puissances et des lenteurs inhérentes au système multilatéral. Mais elle y entre avec une conviction simple : l’absence affaiblit, la présence structure la capacité d’influence.

À condition d’agir avec cohérence, ce siège offre à notre pays la possibilité de :
• contribuer à l’orientation de l’agenda international sur les questions de paix et de sécurité ;
• suivre et exiger l’application effective des résolutions concernant la RDC ;
• documenter et porter, avec rigueur, la question des soutiens extérieurs aux groupes armés ;
• influencer le contenu des décisions, dont le langage conditionne souvent la portée réelle.

Ce changement de posture est assumé par le leadership du Président Tshisekedi. En matière stratégique, la position précède toujours les résultats.

Cette avancée diplomatique s’inscrit, par ailleurs, dans une vision plus large qui articule sécurité, diplomatie et économie. L’intérêt croissant pour les minerais stratégiques de la RDC et la structuration de partenariats autour de ces ressources traduisent une lecture réaliste des nouveaux rapports de force mondiaux. Les ressources critiques ne sont plus seulement un atout économique ; le président de la république en a fait un instrument de négociation et de souveraineté. Il a compris qu’un pays qui compte dans les chaînes de valeur mondiales pèse davantage dans les équilibres politiques.

Pour la majorité présidentielle, cette étape impose une responsabilité particulière. Soutenir l’action du Chef de l’État ne relève ni de l’incantation ni de la flatterie. Cela suppose de comprendre les enjeux, de défendre la ligne nationale avec discernement et de contribuer, par un discours rigoureux, au renforcement de l’autorité de l’État.

Être de la majorité, c’est faire le choix de la responsabilité et de la constance. C’est savoir user de son verbe et de sa plume pour expliquer que la souveraineté se construit dans la durée, par des décisions structurantes, une diplomatie active et une gouvernance cohérente, et non par des postures ou d’autres surenchères.

Aujourd’hui, les priorités de la RDC sont claires :
• défendre l’intégrité territoriale par tous les moyens légitimes ;
• consolider l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire ;
• affirmer durablement la RDC comme acteur central de la stabilité en Afrique.

Le patriotisme véritable n’est pas un réflexe de circonstance. Il est une discipline politique, une fidélité à l’État et à l’intérêt général, surtout lorsque les résultats exigent du temps, de la méthode et de la persévérance.

Le siège au Conseil de sécurité n’est pas une solution miracle. Il est une opportunité stratégique que la RDC se devait de saisir. Le reconnaître, c’est saluer le leadership qui l’a rendu possible. L’exploiter intelligemment, c’est un devoir collectif au service de la Nation.

Soutenir cette orientation, ce n’est pas soutenir un homme ou une famille politique.
C’est servir la République.

Tribune libre 160 de Steve Mbikayi, député national et président du Parti Travailliste