Le Tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Gombe a tenu, ce vendredi 27 mars 2026, à la prison militaire de Ndolo, l’audience introductive dans l’affaire impliquant le jeune juriste Nathanaël Onokomba Shako Désiré, connu pour ses prises de position critiques à l’égard du régime.
Lors de cette première audience, les juges ont procédé à l’identification du prévenu, avant que le greffier ne donne lecture des faits mis à sa charge.
Selon le ministère public, Nathanaël Onokomba Shako est poursuivi pour des propos tenus au cours d’une émission, ainsi que pour un message publié sur les réseaux sociaux.
L’organe de la loi soutient qu’il aurait, dans ces interventions, fait l’apologie du terrorisme, tout en niant la guerre d’agression menée contre la République démocratique du Congo par le Rwanda.
S’agissant de ses déclarations lors de ladite émission, le greffier a indiqué que Nathanaël Onokomba a déclaré ce qui suit
: « Vaut mieux avoir une RDC sous la colonisation qu’une RDC dirigée par Félix Tshisekedi. Nous sommes mille fois colonisés.»
Pour le ministère public, ces propos traduisent un soutien au mouvement terroriste AFC/M23 et tombent sous le coup de l’infraction d’apologie du terrorisme, prévue et punie par l’article 206 du Code pénal militaire.
Concernant la seconde infraction, le prévenu est accusé d’avoir publié, le 22 juin 2025, sur son compte X, un message libellé comme suit : « Le Rwanda n’a jamais agressé la RDC, ni tué nos familles à l’Est, ni soutenu le M23. Il a plutôt mis en place un mécanisme de défense contre les FDLR soutenus par la RDC. »
Selon le ministère public, cette déclaration constitue une négation, une minimisation, une approbation et une justification des crimes de génocide, des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité ainsi que des crimes d’agression commis par le Rwanda sur le sol congolais. Ces faits sont prévus et punis par l’article 361 du Code du numérique.
Après avoir pris connaissance des charges retenues contre leur client, les avocats de Nathanaël Onokomba ont sollicité le renvoi de l’affaire à une semaine afin de mieux s’imprégner des pièces du dossier et d’assurer efficacement sa défense.
Interrogé à ce sujet, le ministère public a reconnu qu’il s’agit d’un droit légitime du prévenu, tout en soulignant la nécessité de célérité en matière pénale.
En réaction, le Tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Gombe a fait droit à la demande de la défense, suspendu l’audience et renvoyé la cause au vendredi 3 avril 2026, toujours à la prison militaire de Ndolo.
Il convient de rappeler que Nathanaël Onokomba est un jeune juriste engagé, connu pour ses prises de position critiques contre le régime dans plusieurs émissions télévisées de la capitale congolaise.
Cela fait exactement trois mois, jour pour jour, qu’il est en détention à la prison militaire de Ndolo. Il avait été interpellé à Kinshasa le 5 janvier 2026, alors qu’il sortait d’une conférence-débat avec des étudiants.
Selon ses proches, il aurait été détenu plusieurs jours sans communication officielle claire, avant d’être présenté à l’auditorat militaire (parquet militaire) aux alentours du 8 janvier 2026, en vue de régulariser sa situation judiciaire et d’ouvrir une procédure formelle.
ODN