Suspension des activités académiques à Goma et Bukavu : Katumbi dénonce une « balkanisation de fait de la RDC »

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La suspension des activités académiques et para-académiques dans 11 établissements publics d’enseignement supérieur et universitaire de Goma, au Nord-Kivu, et de Bukavu, au Sud-Kivu, continue de susciter des réactions. Moïse Katumbi dénonce une décision qu’il juge lourde de conséquences pour la jeunesse et estime qu’elle « consacre la balkanisation de fait » de la République démocratique du Congo (RDC).

Dans une réaction publiée ce jeudi 27 août 2026 sur X, le président d’Ensemble pour la République s’oppose à cette mesure prise par le gouvernement et appelle les autorités à s’attaquer plutôt aux causes de la crise sécuritaire dans l’Est du pays.

« C’est une injustice flagrante infligée à notre jeunesse, une décision lourde de conséquences qui consacre la balkanisation de fait de la RDC et porte un coup sévère à notre unité nationale. Au lieu de faire payer le prix fort aux populations et surtout à la jeunesse qui est l’avenir, il faut s’attaquer à la racine du mal, à savoir mettre fin à la guerre dans l’Est du pays », affirme Moïse Katumbi.

Pour l’opposant congolais, les étudiants, les enseignants et le personnel administratif ne devraient pas subir les conséquences de la guerre et des affrontements politiques.

« Punir injustement les étudiants, le corps professoral et administratif n’est pas une solution. Et on ne peut construire l’avenir du pays en sacrifiant sa jeunesse ! Les étudiants et les enseignants ne doivent pas devenir les otages de la guerre et des affrontements politiques », a-t-il insisté.

M. Katumbi préconise ainsi de privilégier la résolution de la crise sécuritaire et la restauration de l’autorité de l’État, tout en garantissant la continuité de l’enseignement supérieur sur l’ensemble du territoire national.

« La véritable solution consiste à mettre fin à la guerre, à restaurer l’autorité de l’État et à garantir la continuité de l’enseignement sur toute l’étendue du territoire national. On ne défend ni l’unité ni l’avenir du Congo en sacrifiant sa jeunesse », a-t-il souligné. 

Cette réaction intervient après plusieurs prises de position suscitées par la décision du gouvernement, notamment dans le milieu universitaire et au sein de la société civile, où des inquiétudes ont été exprimées quant aux conséquences de la suspension sur les étudiants et la continuité de l’enseignement supérieur à Goma et Bukavu.

De son côté, le gouvernement congolais justifie cette suspension par la situation qui prévaut dans les zones concernées et par les interventions de l’AFC/M23 dans le fonctionnement de certains établissements publics d’enseignement supérieur et universitaire.

Kinshasa dénonce notamment l’éviction de comités de gestion régulièrement investis et leur remplacement par des responsables désignés par l’AFC/M23. Le gouvernement affirme que la suspension vise notamment à protéger les étudiants, à préserver la régularité de leurs parcours académiques et la valeur de leurs diplômes.

Les autorités indiquent également vouloir permettre l’orientation des étudiants concernés vers des établissements répondant aux exigences légales de la République, afin d’assurer la continuité de leurs études.

Pour rappel, la ministre de l’Enseignement supérieur, universitaire, de la Recherche scientifique et des Innovations a décidé, dans un arrêté daté du 20 août 2026, de suspendre jusqu’à nouvel ordre les activités académiques et para-académiques liées à l’année académique 2026-2027 dans 11 établissements publics de Goma et Bukavu.

À Goma, la mesure concerne cinq établissements : l’Université de Goma (UNIGOM), l’Institut supérieur de commerce (ISC-Goma), l’Institut supérieur des techniques médicales (ISTM-Goma), l’Institut supérieur des techniques appliquées (ISTA-Goma) et l’Institut supérieur pédagogique (ISP-Goma).

À Bukavu, six établissements sont concernés : l’Université officielle de Bukavu (UOB), l’Institut supérieur de commerce (ISC-Bukavu), l’Institut supérieur des techniques médicales (ISTM-Bukavu), l’Institut supérieur pédagogique (ISP-Bukavu), l’Institut supérieur de développement rural (ISDR-Bukavu) et l’Institut supérieur d’administration et de management (ISAM-Bukavu).

La suspension concerne les activités académiques et para-académiques de l’année 2026-2027 et intervient dans un contexte de contestation par Kinshasa des interventions de l’AFC/M23 dans le fonctionnement des établissements concernés.

Merveil Molo