RDC : Les exportations congolaises vers les USA sont passées de 280 millions en 2020 à 1,2 milliard $ en 2026 (Julien Paluku)

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 Le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a présenté le bilan des réformes engagées pour renforcer la compétitivité de l’économie congolaise, protéger la production nationale, élargir les débouchés des produits congolais sur les marchés internationaux et assainir le commerce intérieur.

Lors de l’exercice de redevabilité marquant la première année du gouvernement Suminwa II, il a souligné que les actions menées au cours de cette première année s’inscrivent dans la vision du président de la République, qui vise à bâtir une économie plus productive, créatrice d’emplois et davantage intégrée aux marchés régionaux et mondiaux.

La protection de l’industrie locale

Le ministre a rappelé que la protection de l’industrie locale constitue l’une des priorités de son ministère. À ce jour, près de 17 produits fabriqués en RDC bénéficient de mesures de sauvegarde conformes aux règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), destinées à limiter les importations lorsque la capacité de production nationale est suffisante.

Selon lui, ces mesures concernent notamment le ciment, les carreaux et faïences, les câbles électriques ainsi que le charbon utilisé dans le secteur minier. Elles permettent de préserver les emplois, de soutenir les entreprises locales et de limiter la sortie de devises consacrées aux importations.

Julien Paluku a insisté sur le caractère collectif de ces décisions, qui mobilisent l’ensemble du gouvernement, notamment les services des douanes, l’Office congolais de contrôle (OCC), les forces de sécurité et les autres administrations concernées.

Il a également annoncé qu’une mission conjointe avec le ministère de l’Économie nationale a été menée dans plusieurs provinces afin d’évaluer les mécanismes de protection des minoteries locales et de renforcer la production nationale de farine de maïs.

La ratification de l’Accord sur la facilitation des échanges

Concernant la ratification de l’Accord sur la facilitation des échanges, le ministre a présenté comme l’une des principales réalisations de l’année 2025 la ratification de cet accord de l’OMC.

Après son adoption par le gouvernement, son vote au Parlement et sa promulgation par le chef de l’État, les instruments de ratification ont été officiellement déposés à Genève.

Selon lui, cette réforme vise à moderniser les procédures commerciales, à fluidifier les échanges et à renforcer l’attractivité économique de la RDC, tout en garantissant la protection des intérêts de l’industrie nationale.

Le petit commerce réservé aux Congolais

Le ministre du Commerce extérieur a rappelé l’entrée en vigueur du décret signé fin mars 2026 par la Première ministre, clarifiant les activités réservées exclusivement aux Congolais.

Le texte définit désormais le petit commerce et le réserve aux opérateurs nationaux, tandis que certaines activités nécessitant d’importants investissements, notamment les supermarchés, les hypermarchés, l’hôtellerie ou encore la vente de véhicules neufs, demeurent ouvertes aux investisseurs étrangers.

Il a annoncé que le 30 septembre constitue l’échéance fixée pour la mise en application « stricte » de cette réforme. Des opérations d’identification ont déjà été réalisées dans les 24 communes de Kinshasa, avec l’appui de la Police nationale congolaise.

Le ministère dispose désormais d’une base de données des opérateurs concernés, comprenant leurs adresses, leurs documents administratifs et leurs localisations, afin de garantir l’application effective des mesures réglementaires.

La diplomatie commerciale pour conquérir de nouveaux marchés

Le ministre du Commerce extérieur a également dressé le bilan de la stratégie de diplomatie commerciale menée sous l’impulsion du président de la République et de la Première ministre.

Il a cité la réadmission de la RDC à l’AGOA, le régime commercial américain permettant aux produits congolais d’accéder au marché des États-Unis sans droits de douane. Selon lui, les exportations congolaises vers les États-Unis sont passées de 280 millions de dollars en 2020 à 1,2 milliard de dollars en 2026.

Julien Paluku a également évoqué la signature d’un accord de partenariat économique global avec les Émirats arabes unis, ouvrant l’accès de près de 6 000 produits congolais au marché émirati.

À cela s’ajoute un accord commercial conclu avec le Royaume-Uni après le Brexit, offrant aux produits congolais un accès préférentiel au marché britannique sans droits de douane.

Le RECOS pour faciliter le commerce transfrontalier

Le ministre a expliqué avoir mis en œuvre le Régime commercial simplifié (RECOS) pour soutenir les petits commerçants transfrontaliers.

Grâce à un arrêté interministériel signé avec le ministère des Finances, les commerçants dont les marchandises n’excèdent pas 500 dollars bénéficient d’une exonération des droits de douane dans leurs échanges avec les pays voisins.

Selon lui, le dispositif est déjà opérationnel avec le Burundi et l’Ouganda, tandis que son extension à la Zambie est en cours.

Par ailleurs, le ministre a annoncé la suppression progressive des pratiques frauduleuses observées au poste frontalier de Kasumbalesa, notamment les phénomènes connus sous les appellations « Bilanga » et « Bambaro », qui entraînaient d’importantes pertes de recettes publiques et mettaient en danger les usagers.

L’accélération de l’intégration économique de la RDC à la ZLECAf

Julien Paluku, en sa qualité de coordonnateur gouvernemental de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), a expliqué que la RDC poursuit la mise en œuvre progressive des concessions tarifaires prévues sur une période de dix ans.

Selon lui, chaque année, une réduction de 10 % des droits de douane est intégrée dans la loi de finances, jusqu’à atteindre une suppression totale des barrières tarifaires à l’horizon 2035.

Le ministre a également annoncé que la RDC négocie pour accueillir un système africain de paiement permettant aux opérateurs économiques de commercer en monnaies nationales, sans recourir systématiquement au dollar américain.

Afin de permettre aux opérateurs économiques de tirer profit des nouveaux marchés, Julien Paluku a expliqué que son ministère organise des matinées pédagogiques avec la Fédération des entreprises du Congo (FEC) et publie régulièrement les mercuriales des prix internationaux.

Il a par ailleurs cité plusieurs filières agricoles à fort potentiel, notamment le cacao, le soja et le piment, pour lesquelles la demande internationale est particulièrement élevée.

Le ministre a encouragé les producteurs congolais à investir davantage dans les cultures d’exportation capables de générer une forte valeur ajoutée, plutôt que de se limiter aux activités d’importation.

*La modernisation de l’OCC et la traçabilité numérique des produits*

Le ministre du Commerce extérieur a présenté les innovations engagées au sein de l’Office congolais de contrôle (OCC) pour renforcer la protection des consommateurs.

Il a annoncé qu’au cours de cette première année, de nouveaux laboratoires de contrôle ont été construits et inaugurés à Kalemie, Lubumbashi, Matadi et Kinshasa afin d’améliorer les capacités nationales d’analyse des produits.

Dans les prochaines semaines, l’OCC lancera également un système national de QR Code permettant à chaque consommateur de vérifier, à partir de son téléphone portable, si un produit a été contrôlé et certifié.

Cette innovation concernera notamment les médicaments et permettra d’identifier immédiatement les produits non conformes ou impropres à la consommation, tout en facilitant leur signalement aux services compétents.

À l’issue de cet exercice de redevabilité, Julien Paluku a réaffirmé l’engagement du gouvernement Suminwa II à faire du commerce extérieur un levier de transformation économique, de création d’emplois et de valorisation de la production nationale.

Il a souligné que les réformes engagées visent à protéger les intérêts des producteurs congolais, à améliorer la compétitivité des entreprises locales, à sécuriser les consommateurs et à positionner durablement la République démocratique du Congo sur les grands marchés régionaux et internationaux.

Linda Lusonso