RDC - Massacres de Yumbi : les Banunu-Bobangi appellent à la mise en place d'un tribunal spécial pour juger "les commanditaires de cette épuration ethnique"

Publié mar 11/06/2019 - 09:23
yumbi

Les Banunu-Bobangi appellent à la mise en place d'un tribunal spécial pour juger les commanditaires ou auteurs des massacres de Yumbi, qu'ils qualifient d' "épuration ethnique". 

C'est l'une des recommandations formulées par les notables de cette communauté lors d'une conférence de presse animée, ce lundi à Kinshasa par Etibako Edi Ndito.

D'après le député national honoraire, étant donné qu'un tribunal spécial ne peut être mis en place que par ordonnance présidentielle, une pétition va être lancée pour récolter les signatures en vue de conduire le Chef de l'État à l'installer.

"Nous appelons à la mise d'un tribunal spécial. Mais un tribal spécial est mis en place par ordonnance présidentielle. Nous allons recueillir les signatures pour voir un peu les problèmes de Banunu en général. Si les Banunu sont des provocateurs comme c'est déjà connu de tout le monde, qu'on arrête touts ces gens. Même moi, je suis disposé à être arrêté, même condamné à mort si je suis le commanditaire", a-t-il indiqué.

Par ailleurs, les Banunu-Babongi recommandent que l'autorité de l'État soit restaurée dans tous les domaines dans le Maï-Ndombe, les champs agricoles et fermes de Banunu-bobangi confisqués par les Batendes soient restitués, les Banunu soient réhabilités dans leurs droits violés par l'épuration ethnique, les cimetières et tombeaux de Banunu-Bobangi pillés par les Batendes  soient réhabilités et que la réconciliation se fasse après la condamnation des commanditaires de ces massacres et leurs complices.

- Quid des Maspoures de Yumbi ?

C'était au mois de décembre 2018, à quelques jours de la tenue des élections générales en RDC, que les affrontements entre les tribus Banunu et Batende se sont éclatés à Yumbi, un des territoires de Maï-Ndombe. 

À la base de ces affrontements, un conflit de terre, enterrement d'un chef coutumier de Banunu, incendie de deux maisons de Batende par les Banunu et les chantages de Banunu sur les Batendes, rapporte le document mis à la disposition de la presse par Me Etibako Edi Ndito. 

Selon les statistiques fournies par le Bureau Conjoint des Nations-Unies aux Droits de l'Homme, plus de mille personnes ont été tuées durant ces affrontements. 

Cependant, le député national honoraire indique qu'il n'y avait pas affrontements. Les Banunu qui, selon lui, sont pacifiques et propriétaires de terre, ont été massacrés par les Batende.

"Lorsqu'ils vont dire que les Banunu ont tué, il faut poser la question s'il y a eu affrontements. Je vous dirai, qu'il n'y a pas eu affrontements. Il y a eu des auteurs intellectuels qui ont participé dans ces massacres, du côté des assaillants Batende pour attaquer leurs propres frères Banunu, ce sont des traites", a-t-il souligné.

Il fait savoir aussi qu'il dispose des noms des commanditaires, avec des preuves à l'appui. Ce qui fait qu'il soit sous les menaces de mort de la part de certains notables de Batende à flouer la vérité, dénonce-t-il. 

Quant au rapport sur les massacres qualifiés de "génocide" par certains, présenté par la ministre des droits humains, Me Etiabko Edi Ndito révèle qu'il n'est pas objectif. Il dit, d'ailleurs, le rejeter. 

 "Quand j'ai lu le rapport de la ministre, tout ce qui est écrit à l'intérieur, ce sont des publications Mbanga Randolph, qui est Dircaba du gouverneur, grand notable Batende comme le gouverneur. il est étonnant que la ministre a mis dans son rapport, identiques des données publiées par Mbanga Randolph dans le point genèse sociopolitique. Imaginez les dégâts que la ministre a fait à la communauté Banunu-Bobangi. La ministre a cautionné que la terre appartient à Batende parce que Mbanga l'a publié. La ministre ne devait pas prendre seulement les informations données par une partie pour publier dans un rapport officiel", a-t-il ajouté.

Me Etibako Edi Ndito conclut en rappelant que les Banunu sont propriétaires des terres dans la province de Maï-Ndombe depuis 1888. À cause des démembrements, les Banunu appelés également "Balobo" occupent trois territoires dans ladite province, à savoir Yumbi, Inongo, Bolobo et un autre à Lokolela (Équateur). 

P. M