Basile Olongo : "Si on veut organiser les bonnes élections en RDC c'est en 2030, et Félix Tshisekedi restera en fonction jusqu'à l'installation du nouveau président élu"

Publié mar 04/08/2020 - 15:46
7sur7

Dans une interview accordée à 7SUR7.CD ce mardi 4 août 2020, l'ancien vice-ministre de l'Intérieur Basile Olongo a émis des doutes sur l'organisation des élections en 2023 en République Démocratique du Congo.

Le président du Parti Congolais Socio-démocratique, (PCSD) estime qu'il faut d'abord vider les arriérés électoraux et trouver des solutions à certains préalables.

"Il faut être réaliste et ne pas traiter une question si importante comme ça avec état d'âme. Organiser des élections en 2023 exige à ce que certains préalables soient respectés. Aujourd'hui, nous avons des arriérés au niveau des élections municipales, locales etc. qu'il faut vider avant d'organiser les élections présidentielles et législatives en 2023", a dit Basile Olongo.

Dans la foulée, cet ancien membre du gouvernement Tshibala évoque la mise en place du nouveau bureau de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI), qui n'est pas encore faite jusqu'à ce jour.

"Il y a le bureau de la CENI qu'on doit mettre en place avant de parler organisation des élections et il y a le fichier qu'on doit nettoyer. Et pour le nettoyage de ce fichier, vous avez suivi le bureau sortant, il faut réunir 400 millions $", a-t-il indiqué.

Sur base de tous ces aspects, Basile Olongo considère qu'il faut du temps pour tabler sur l'organisation des prochaines élections au Congo-Kinshasa.

"Tout ça, ça va prendre du temps et logiquement ça peut nous prendre 4 à 5 ans avant de vider ce que nous avons comme préalables. Et juste après, on pourra penser à la campagne et autres, donc, on est parti pour 7 ans", a signifié B. Olongo.

En outre, l'ancien vice-ministre de l'Intérieur soutient que la tenue des bonnes élections au pays de Lumumba ne peut finalement intervenir qu'en 2030.

"Les élections, les bonnes, si on veut les organiser dans notre pays, et ça c'est le souhait de tous les Congolais, c'est en 2030. Les élections en 2023 il faut oublier, il faut mettre une croix sur ça", a-t-il renchéri.

S'agissant de la position du Front Commun pour le Congo (FCC) qui ne jure que sur la tenue des élections générales en RDC en 2023, Basile Olongo rappelle l'existence de l'article 70 de la constitution, précisément dans son alinéa 2.

"Le champion en glissement, c'est l'actuel FCC. Les mêmes conditions qui ont prévalu pour que le FCC sollicite à deux reprises le glissement, nous sommes dans la même situation (...) Le président de la République Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo restera en fonction jusqu'à l'installation du nouveau président élu. Et il peut se faire que le nouveau président en 2030 que ça soit lui, ça ce n'est pas exclu. Après 5 ans, il peut laisser en 2035. On est en 2020 et jusqu'en 2035 ça vous fait 15 ans, c'est moins que le président sortant Joseph Kabila", a fait savoir B. Olongo.

Le président du Parti Congolais Socio-démocratique souligne qu'il faut éviter des élections qui donneront naissance à des contestations. Selon lui, une équipe sera bientôt mise en place pour faire le recensement de la population, et cela nécessite du temps.

"Combien de temps ça va nous prendre dans ce pays continent ? Il faut regarder la réalité en face. Nous sommes dans un pays frappé par une crise économico-financière qui ne dit pas son nom, on sort tout de suite là d'une crise sanitaire. Tout ça, ce sont des paramètres à prendre en compte avant de parler élections", a-t-il insisté.

Pour rappel, dans un communiqué daté du 29 juillet dernier la conférence des présidents du FCC a prévenu qu'elle ne soutiendra pas les initiatives qui pourraient avoir pour conséquences de retarder l'organisation des élections prévues en 2023.

Cette position de la plateforme dont l'autorité morale est l'ancien président Joseph Kabila, faisait allusion à l'initiative lancée par le groupe des 12 personnalités politiques et sociales signataires de l'appel du 11 juillet 2020 pour un consensus sur le processus électoral en RDC.

Jephté Kitsita