Nord-Kivu/Ebola : Ouverture du procès des présumés assassins de l'épidémiologiste camerounais à Butembo

Photo : Droit tiers

La Cour militaire opérationnelle du Nord-Kivu a ouvert le procès des présumés assassins du docteur camerounais Richard Mouzoko ce lundi 22 février 2021.

Les prévenus sont 25 au total mais seuls 8 se sont présentés devant le juge. Le reste des présumés meurtriers sont en fuite. Les audiences publiques ont été renvoyées à ce mardi au Tribunal de Paix de Butembo, lieu où était commis le crime en avril 2019.

Pour cette première journée, la Cour militaire a procédé à l'identification des prévenus. Il en a été de même pour la mise au point des préalables. Mais, la défense a révélé n'avoir pas encore pris langue avec ses clients.

Du côté du ministère public, l'on s'est dit satisfait du début de ces audiences qui feront en sorte que « la vérité soit enfin connue ».

« Le procès a commencé. C’est une bonne chose parce que cette affaire nous a tous préoccupés. Tout le monde voulait que l’on puisse siéger pour connaitre le déroulement et le sort de chacun. Il y a 8 prévenus présents sur les 25. Vous savez l’instruction d’une affaire, bien que nous soyons à la Cour où il requit la célérité, elle est complexe avec beaucoup de prévenus, demande toujours beaucoup de temps. Moi-même je suis à Goma, le magistrat qui instruit ce dossier est à Beni, le nombre de prévenus aussi… Il y avait beaucoup de choses, ce qui a fait que ça puisse trainer parce qu’il fallait déplacer la Cour pour la logistique. Le souhait de tous était que cette audience puisse se tenir à Butembo : le lieu de commission des faits », a déclaré colonel Ndaka Mbwedi, officier du ministère public.

Il a en outre, affirmé que même les prévenus fugitifs (présumés assassins qui sont en fuite, Ndlr) pourront être poursuivis par défaut. Mais cela devra passer par l'approbation de la Cour militaire.

Pour rappel, le docteur camerounais Richard Mouzoko fut tué le 19 avril 2019 au cours d’une attaque contre les Cliniques universitaires de l’Horizon imputé à de présumés Maï-Maï. Ce médecin camerounais était nouveau à Butembo, déployé depuis quelques semaines plus tôt pour le compte de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) dans la riposte contre la dixième épidémie d’Ebola, qui avait durée deux ans (d’aout 2018 à juin 2020, Ndlr) dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. Depuis, la justice militaire congolaise avait accusé quatre médecins de Butembo d’être parmi les  « auteurs moraux » de cet assassinat.

Joël Kaseso, à Butembo