RDC : Vers une éradication de la maladie du Sommeil grâce au Fexinidazole administré aux patients

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La République Démocratique du Congo récense environ 80% des cas de la maladie du sommeil au monde, reconnue sous le nom de "Trypanosomiase Humaine Africaine (THA)". 

La THA fait partie des maladies tropicales négligées, fléaux qui frappent un sur six personnes à l'échelle mondiale. Elles se concentrent sur les populations les plus fragiles qui vivent dans des conditions difficiles, souvent sans accès à l'eau potable ni à des logements décents.

La maladie du sommeil est donc l'une des plus célèbres de ces maladies négligées qui sévissent de manière endémique en RDC.

La THA est une maladie parasitaire causée par le parasite "Trypanosoma brucei gambiense". Elle se transmet d'une personne malade à une personne saine par un vecteur appelé mouche tsé-tsé ou glossina palpalis allant jusqu'à endommager le système nerveux, des mouvements involontaires, et les troubles de langage, d'après le docteur Wilfried Mutombo, coordonnateur des essais cliniques de DNDi (Drugs for Neglecled Diseases initiative).

Pour contrer cette maladie parasitaire, le ministère de la Santé de la RDC a mis en place le Programme national de lutte contre la trypanosomiase humaine Africaine (PNLTHA), appuyé par des ONG internationales dont Initiative pour les médicaments contre les maladies négligées (DNDi) présente au pays et menant depuis des décennies des essaies cliniques. Ceux de 2012 relatifs au fexinidazole expérimenté sur 396 patients. Le dernier patient à prendre son traitement était en 2016.

À en croire Nathalie Strub-Wourgaft, superviseur des chercheurs cliniques de DNDi, le Fexinidazole a pris 10 ans pour passer de la phase candidat-medicament prometteur à une autorisation de mise sur le marché. Il a fallu l'administrer aux volontaires en France, hommes d'origine subsaharienne de façon à se rapprocher des utilisateurs qui allaient le recevoir.

Actuellement, ce médicament est administré aux patients souffrant de la maladie du sommeil dans les coins reculés de la RDC, grâce notamment à l'appui du DNDi.

Notons que l'histoire de la thérapie de la THA en RDC s'étale sur plusieurs années en RDC. Elle est passée de l'époque coloniale jusqu'à 1999 du traitement de l'Arsobal, médicament à base d'arsenic, poison mortel   qui a parfois causé la mort des patients à cause de son caractère toxique.

Dans les années 2000, les praticiens dont les médecins du MSF (Médecins Sans Frontières) et des médecins congolais se sont opposés au traitement à base de l'Arsobal. En revanche, ils ont proposé l'association de deux médicaments : " Eflornithine et Nifurtimox"(NECT), pour éliminer cette maladie. 

Les essaies cliniques du NECT ont été finalisés en collaboration avec DNDi en 2009 et ce traitement avait été ajouté sur la liste des médicaments de l'OMS en 2010. Si l'Eflornithine avait des vertues traitant la maladie du sommeil, son coût élevé 800 ou 900 USD ne correspondait pas à la pauvreté des patients.

En 2019, la RDC a enregistré 613 cas des nouveaux malades de la THA. Pour le docteur Éric Miaka, directeur du PNLTHA, le défi serait de dépister les zones grises pour atteindre l'élimination de la maladie.

Christel Insiwe