Nord-Kivu : Reprise des combats entre les FARDC et le M23 à Rutshuru

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Des affrontements opposent à nouveau l'armée congolaise aux rebelles du M23 en territoire de Rutshuru (Nord-Kivu) depuis le matin de ce lundi 6 juin 2022. L'information est confirmée par les 2 camps qui s'accusent mutuellement.

Du côté des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), le porte-parole militaire dans le secteur rapporte que les rebelles les ont attaqués à Ishangi mais que les forces loyalistes ont vite riposté et contrôlent déjà une colline jadis occupée par le M23.

« Les Forces armées de la République démocratique du Congo se sont réveillées sous le feu de l'ennemi M23 et ses alliés ce lundi 6 juin à Ishangi. L'armée loyaliste a riposté professionnellement. À l'heure actuelle, la colline de Muhati vient de passer sous contrôle des FARDC », informe le lieutenant-colonel Kaiko Guillaume dans une note parvenue à 7SUR7.CD.

De son côté, le rebelle Bertrand Bisimwa accuse les FARDC et la MONUSCO de les avoir attaqués. Le M23 que Kinshasa considère déjà comme mouvement terroriste au même titre que les ADF estime que ceci pourrait compromettre le dialogue de Nairobi.

« Dans l'intention de compromettre le dialogue de Nairobi recommandé par le Conseil de sécurité, les FARDC et alliés ont lancé depuis ce matin leur offensive contre les positions du M23 à Jomba », écrit Bertrand Bisimwa.

Ces offensives ont repris quelques jours seulement après une accalmie apparente qui s'observait déjà dans la contrée. À la suite de quelques indices probants, le gouvernement congolais a clairement accusé le régime de Kigali d'être le responsable intellectuel de ce groupe armé. Une accusation que le président Tshisekedi a même réitérée le dimanche 5 juin dernier lors de son séjour à Oyo, au Congo Brazza.

« Il n'y a pas de doute, le Rwanda a soutenu le M23 pour venir agresser la RDC », a-t-il déclaré à la presse.

La semaine qui vient de s'achever, le Conseil de sécurité des Nations-Unies a fermement condamné l'action des groupes armés dans l'Est, dont le M23. Il les a même sommés de déposer les armes et de participer au dialogue pour la paix. La grande question est de savoir si Kinshasa pourrait encore se retrouver sur une même table avec ce groupe rebelle qu'il considère déjà comme terroriste.

Isaac Kisatiro, à Butembo

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