Nord-Kivu : Le Rwanda de nouveau accusé d'être derrière une attaque M23 ce dimanche près de Bunagana

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La situation est restée préoccupante en territoire de Rutshuru (Nord-Kivu), ce dimanche 12 mai 2022. En cause, la reprise des combats entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et les rebelles du M23 depuis tôt le matin.

Le chef rebelle Bertrand Bisimwa accuse l'armée d'avoir été la première à lancer les hostilités mais sous-entendant la volonté du M23 à revenir à la table des négociations avec le gouvernement congolais.

« Le gouvernement congolais devrait arrêter cette guerre et revenir au dialogue tel que proposé par le conclave de 4 chefs d’Etat de l'EAC soutenu par les Nations-Unies et l’Union africaine », a-t-il écrit dans un message parvenu à 7SUR7.CD ce dimanche.

Cependant, l'accusation du groupe armé précité est rejetée par le porte-parole militaire dans la région. Le lieutenant-colonel N'Djike Kaiko Guillaume parle plutôt d'une attaque rebelle qui a visé les positions FARDC près de Bunagana, cité frontalière avec l'Ouganda et proche du Rwanda. Il accuse Kigali d'être derrière cette énième attaque et rassure que les militaires congolais ripostent déjà à ladite attaque..

« Les Forces armées de la République démocratique du Congo repoussent depuis 4h de ce dimanche 12 juin, une attaque contre ses positions par les Rwandais - M23 à Bigega 1 et 2, à plus ou moins 5 km de Bunagana. Les FARDC continuent à contenir la coalition de l'ennemi qui tentait de couper la liaison des forces loyalistes au niveau de Premedis sur la route Bunagana », écrit-il dans un autre message parvenu à la rédaction de 7SUR7.CD.

Il est à noter que des combats entre les FARDC et le M23 se sont multipliés ces dernières semaines à Rutshuru. Depuis que la partie congolaise a accusé Kigali de soutenir ce groupe armé, la tension s'est ravivée entre les 2 pays.

Le vendredi 10 juin dernier, les armées congolaise et rwandaise se sont mutuellement accusées. La Rwanda Defence Force (RDF) a indiqué que 2 roquettes tirées par les FARDC sont tombées sur le sol rwandais. De son côté, les autorités militaires du Nord-Kivu ont affirmé que plusieurs bombes ont été lancées à partir du Rwanda et ont fait des victimes sur le territoire congolais dont 2 enfants qui ont trouvé la mort.

Réagissant à ces accusations de Kigali, Christophe Lutundula, ministre congolais des affaires étrangères, a clairement appelé le Rwanda à stopper son soutien au M23 et à s'abstenir de toute action susceptible de porter atteinte à la paix et la stabilité dans l'est de la RDC.

Il y a peu, le mercredi 8 juin, le gouvernement militaire du Nord-Kivu a déclaré que le Rwanda avait déployé à Rutshuru 500 de ses militaires afin d'appuyer le M23. Des allégations que Kigali rejette toujours en bloc.

Isaac Kisatiro, à Butembo