Est de la RDC : Emmanuel Ilunga annonce le début de l'opération de récolte des fonds dans la diaspora pour offrir 3 drones militaires "Bayraktar TB2" aux FARDC

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Lors d'un café de presse organisé le jeudi 23 juin 2022 à Kinshasa, le président du parti politique Action Républicaine pour l'Action (ARP) et ancien ministre délégué des affaires étrangères chargé des congolais de l'étranger, Emmanuel Ilunga, est revenu sur la situation sécuritaire qui prévaut actuellement dans l'Est du pays, dominée par les affrontements qui opposent les FARDC au groupe "terroriste" M23 soutenu par le Rwanda.

Pour permettre à l'armée de bien sécuriser les frontières du pays, surtout celles de l'Est, couramment violées par les armées étrangères, Emmanuel Ilunga a annoncé que plusieurs congolais de la diaspora sont en train de s'organiser pour acheter 3 drones militaires turcs "Bayraktar TB2" aux FARDC.

Il a, cependant, précisé que cette opération requiert l'accord de l'état-major de l'armée qui a déjà été saisi et qui va gérer le compte qui sera ouvert pour la cause.

"Avec plusieurs autres congolais qui sont à l'extérieur du pays, nous sommes en train d'engager une démarche pour collecter des fonds pour acheter des drones en Turquie pour notre armée. Il nous faut au moins 15 millions de dollars pour 3 drones de manière à sauver le territoire. Nous avons écrit à l'état-major et dès que nous aurons la réponse, nous allons pouvoir ouvrir un compte au nom de l'état-major des FARDC et tout l'argent y sera viré", a-t-il annoncé.

Il a également annoncé qu'une autre opération de soutien psychologique aux FARDC sera amorcée en parallèle de la première. Il s'agit "d'aider matériellement les enfants des militaires qui sont tombés au front, payer pour eux l'école et autres", a-t-il précisé.

Quant à la posture que le gouvernement devrait adopter pour mettre fin à la guerre actuelle au Nord-Kivu dont le Rwanda est l'instigateur en sous-traitant le M23, l'ancien ministre délégué des affaires étrangères pense qu'à ce stade il faut privilégier la diplomatie.

"Il y a des gens qui pensent qu'il faut à tout prix que le président déclare la guerre. Qu'ils sachent qu'il y a des conséquences juridiques à ça. En réfléchissant en amont, les frontières seront fermées, l'armée prendra les choses en mains et toute l'économie du pays va en pâtir. Donc, le fait que le président privilégie la diplomatie est une bonne chose. (...) Si nous tentons tout ce qui est à notre pouvoir et que ça ne marche pas, à ce moment la guerre reste la seule voie par laquelle on devra retrouver la paix. Il sera nécessaire de mobiliser toute la population pour la faire", a-t-il déclaré.

Peu importe le scénario à envisager, Emmanuel Ilunga pense que les congolais sont toujours attachés à l'unité de leur pays.

"On peut tout dire sur nous, nous sommes pauvres, nous insulter mais lorsqu'on touche à notre intégrité territoriale, nous sommes tous unis automatiquement. C'est quelque chose qui est dans notre conscience collective que nos adversaires ont complètement ignoré. D'ailleurs il y a quelques années, les congolais qui vivent à l'étranger qui sont presque 16 millions étaient divisés par rapport à cette question. Mais aujourd'hui ils sont tous unis. On a vu des manifestations dans plusieurs grandes villes du monde, tous parlent le même langage", a-t-il argumenté.

Concernant le déploiement de la force militaire régionale de la Communauté d'Afrique de l'Est (AEC) dans l’Est, le président de  l'ARP a émis des réserves vu les résultats de plus de 20 ans de la présence de la MONUSCO en RDC. Pour lui, "il est important de mobiliser d'abord les congolais, les jeunes pour que nous défendions nous-mêmes notre pays", comme la mobilisation a été faite en Ukraine.

Notons que plusieurs chefs coutumiers ont pris part à ce café de presse. Pour Emmanuel Ilunga, les chefs traditionnels sont le symbole de l'unité nationale et aussi des valeurs qui unissent les congolais.

Bienfait Luganywa