Haut-Katanga : Malgré l'opposition de la société civile, Kipay Investments obtient le feu vert du gouvernement pour construire la centrale de Sombwe dans le parc de l'Upemba

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Sur proposition de la vice-première ministre de l'environnement et de développement durable, le conseil des ministres a donné son feu vert le 24 juin dernier au projet de construction du barrage hydroélectrique de Sombwe dans le parc national de l'Upemba. 

Projet porté par le groupe Kipay Investments, avec l'appui financier de son partenaire PowerChina, ce barrage sera construit sur la rivière Lufira qui traverse le parc de l'Upemba dans le territoire de Mitwaba, province du Haut-Katanga. 

D'après ce qu’a fait valoir Eve Bazaiba lors de ce conseil des ministres, ce barrage menace aucunement l'environnement. Il va plutôt booster le développement dans cette partie de la RDC.

"Mitwaba est le territoire le plus dépourvu de la province du Haut-Katanga qui ne vit essentiellement que de la pression sur la forêt Miombo. La localisation de ce barrage permettra de couvrir les besoins en énergie de plus de 100.000 foyers et de subvenir aux besoins de l'industrie naissante afin d'accroître le niveau de la production (...). Il présente aucune menace pour l'environnement et promet le développement de l'économie dans cette partie du pays", a-t-elle argumenté.

Les ONG et l'Union européenne ne l'entendent pas de cette oreille

D'après le rapport d'une enquête publié en décembre 2021 par l'ONG Global Witness, ce barrage non seulement qu'il viole la loi congolaise relative à la conservation de la nature mais aussi il constitue une catastrophe écologique.

"S’il se concrétise, ce projet nécessiterait d’inonder près de 50 km2 de forêts tropicales de zones arides et de savane boisée dans une vallée qui autrefois constituait un couloir de migration vital pour la faune. Cela serait néfaste pour la biodiversité locale, mais aurait aussi des impacts climatiques graves", avait écrit l'ONG britannique dans ledit rapport.

Et d'ajouter : "L’inondation des sols forestiers pourrait entraîner l’équivalent de 1,3 million de tonnes d’émissions de CO2 d’ici la fin du siècle, soit plus que les émissions qui seraient engendrées si l’on incendiait 3 millions de barils de pétrole".

Deux mois avant la publication du rapport de Global Witness, 185 ONG congolaises avaient déjà écrit au président de la République pour qu'il rappelle à l'ordre son gouvernement. Ceci afin qu'il opte pour un modèle de développement "respectueux des engagements, des lois de la République et des conventions internationales ratifiées par notre pays".

A croire ces organisations, la "survie de la biodiversité dans ce parc est menacée" par la construction de ce barrage hydroélectrique.

En novembre 2020, l'Union européenne s'était également opposée à la construction de ce barrage dans le parc de l'Upemba. Dans un courrier adressé à l'Institut congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN), son ambassadeur en RDC notait "l'implantation illégale à l’intérieur du parc d’Upemba, et donc en infraction par rapport à la Loi de conservation de la nature".

Notons que le coût global des travaux de ce barrage hydroélectrique est estimé à 500 millions de dollars. 70% de ces fonds proviendront de PowerChina, une société entièrement détenue par l'Etat chinois. Il aura une capacité de production de 150 megawatts.

Bienfait Luganywa