RDC : Patrick Nkanga, malgré son absence du gouvernement, optimiste sur les performances de l'exécutif national et sur la solidité de l'alliance FCC -CACH (interview)

Publié mer 11/09/2019 - 20:20
7sur7

Patrick Nkanga, jeune et haut cadre du PPRD, n'est pas au gouvernement alors que plusieurs observateurs l'y voyaient.

Le porteparole du bureau politique du parti que dirige le président honoraire Joseph Kabila, fait sa rentrée politique en accordant mercredi une interview à 7SUR7.CD.

L'ex président de la Ligue des jeunes du PPRD se dit satisfait de la composition du gouvernement Ilunga qui a fait la part belle aux jeunes notamment.

L'ex conseiller politique de l'ancien président Kabila croit en la capacité du gouvernement de relever les défis,  notamment celui de la gratuité de l'enseignement de base. Il se dit optimiste sur la solidité du couple politique FCC -CACH. 
Nkanga a salué quelques réalisations du président Tshisekedi. Sur l'affaire 15 millions $, il brandit là présomption d'innocence. 

(Ci-desous l'interview)


1. Comment jugez-vous les 9 mois sans gouvernement ? 

Complexe. Premièrement, notre Constitution détermine les prérogatives de chacune de nos institutions. Voir le Président de la République évoluer sans gouvernement pendant si longtemps, ce fût pénible. J'ai pu percevoir les difficultés qui ont été siennes que d'avoir voulu agir, dans l'urgence, sans gouvernement.

Mais quelques réalisations ont été faites, c'est à saluer.

Cependant, dans un régime semi-présidentiel, un président sans gouvernement, est semblable à un chévalier sans bouclier, les flèches peuvent facilement l'atteindre.
La sortie du gouvernement est une bonne chose pour le pays, mais aussi pour l'Institution Président de la République, elle la ramène dans son rôle de prééminence, celui de Garant du fonctionnement <régulier> des pouvoirs publics et des institutions. Nous avons eu comme l'impression, un moment, que cela n' était pas l'entendement de certains de ses conseillers, or la perception qui était la leur n'était ni bénéfique pour le Président de la République ni pour notre État.

 2. Êtes-vous satisfait de la publication et de la composition du gouvernement ? 


Satisfait ? Ce sera au Peuple congolais dans son ensemble, après avoir vu le gouvernement à l'oeuvre, qui devra dire endéans un certain délai, s'il est satisfait des efforts qui seront fournis par le gouvernement. sur sa morphologie, Oui, l'on peut se dire satisfait quant à la représentativité qui a été réservée aux jeunes et aux femmes, cette assertion est positive, à ce titre on est très satisfait. 

2. Êtes-vous aussi satisfait de la représentation des jeunes dans le gouvernement ? Aussi bien en termes quantitatif que qualitatif ?

Je suis satisfait

3. Pensez-vous que le gouvernement Ilunga peut relever les défis qui sont devant lui ? 

Je crois que le Premier Ministre ILUNKAMBA, Chef du Gouvernement, n'est pas un homme de discours mais plutôt d'actions et quand l'on veut plus agir que parler, on est plus à même de réussir. Les astreintes qui seront assignées aux membres du gouvernement, tel qu'évoqué par le Premier Ministre, ainsi que la rigueur du suivi qui les caractériseront, feront en sorte que l'obligation de résultat puisse être le fil conducteur des membres du gouvernement. Ils sont à même de relever les défis. 

4. Le plus brûlant des dossiers qu'hérite le gouvernement est la gratuité de l'enseignement de base ? Comment va-t-il s'y prendre pour rendre effective cette promesse présidentielle dès cette rentrée ? 

La gratuité de l'enseignement primaire est premièrement une volonté constitutionnelle (Art. 43 de la Constitution). Une volonté est plus aisée que sa matérialisation qui est plus âpre. La gratuité devait être effective depuis 2006, mais vu l'état dans lesquelles étaient nos infrastructures scolaires sur l'étendue du territoire, il eut fallu d'abord construire les écoles, notamment dans les milieux ruraux de notre pays, améliorer les conditions des enseignants par rapport à leurs conditions initiales.... C'est ce que le Président Kabila s'attela à faire avec son Ministre de l'EPSP de l'époque M. Maker Mwangu. Ensuite, la contribution des parents avait été minimisée substantiellement. Aujourd'hui, le Président Félix Tshisekedi veut une gratuité intégrale de l' Enseignement Primaire, c'est une idée noble. Mais, je pense que ce sera au gouvernement de nous définir sa faisabilité, notamment en terme de coût financier, car nous parlons d'un pays continent. Il nous faut à tout prix éviter une gratuité discriminatoire et sélective, si elle doit être intégrale, c'est sur tout l' étendue du territoire. Nous souhaitons voir le gouvernement matérialiser cette prescription constitutionnelle, il y va de l'avenir de toute une nation.

5. Pourquoi FCC et CACH donnent l'impression de se surveiller au lieu de collaborer. Est-ce si difficile de se faire confiance ? 

Heureusement que vous dites que c'est une impression. Nous travaillons déjà ensemble et ce à plusieurs niveaux. Soyons positifs, nous avons connu des juxtapositions plus complexes, notamment lors du 1+4, nous en sommes sortis indemnes; soyons plus optimistes.

6. Pourquoi le FCC a fait signer 3 documents à ses ministres. Et quel est leur contenu ? 

Je ne suis pas Ministre. Je n'ai rien signé. je n'en sais rien. Évitons les fantasmes. Quand on est membre dnune structure, n'importe laquelle, on y signe une multitude des documents, sous seing privé. 

7. Pourquoi le PPRD, dont vous êtes le porte-parole du bureau politique, impose, via son secrétariat permanent, 70% des collaborateurs à ses ministres ? 

Les Ministres sont des mandataires du Parti, c' est tout à fait logique. L'UDPS a fait la même chose. Ce sont des usages universels.


8. L'affaire 15 millions qui défraie la chronique, vous inspire quoi ?

R/ Je la lis sommairement... comme tout le monde sur les réseaux sociaux, dans la presse... Ce que ça m'inspire, c est la Démocratie, l'Etat de droit. Il existe, en Démocratie, un principe sacrossaint lorsqu'une personne est accusée des faits délictueux, c'est " la présomption d'innocence ". 
Récemment nous avons vu en France, le Ministre d'État De Rugy être accablé par la presse et les réseaux sociaux, dans un scandale lié à ses dépenses lors de ses dîners, alors Président de l Assemblée Nationale. La pression était telle qu'il avait fini par démissionner, mais les enquêtes l'avaient innocenté. Je pense que pour la quiétude des Institutions de la République, notamment la première d entre elle, il sied que ce dossier soit clos rapidement et ce conformément à nos lois. Mais, il nous faut se réserver de désigner les coupables ou les innocents par la clameur publique.